Alex Bailey/Netflix Matt Smith et Claire Foy.

Portée par un buzz royal, la série The Crown propose un petit tour jouissif dans les coulisses de la monarchie britannique. Entretien avec ses deux joyaux, Claire Foy et 
Matt Smith.

The Crown, l’une des séries ayant généré la plus grande excitation au cours des derniers mois, débute en 1947. Une jeune Élisabeth II, incarnée par Claire Foy, épouse le prince Philip, personnifié par Matt Smith. Mais leur lune de miel est brusquement interrompue par la mort du père d’Élisabeth, le roi George VI. Suivie de l’accession au trône de la demoiselle, à l’âge tendre de 25 ans.

Les deux jeunes mariés, ou du moins, leurs interprètes britanniques se sont confiés à nous au sujet de leur expérience de couronnement.

Ça doit être stressant d’incarner ces figures iconiques. Avez-vous grandi en suivant les péripéties de la vie de 
la reine Élisabeth et du prince Philip?
Claire Foy: Quand vous vivez en Angleterre, vous ne faites pas que suivre la vie de ces personnes; elles font carrément partie de la vôtre! Les gens de ma génération (j’ai 32 ans) ont l’impression de connaître intimement Harry et William. Ma mère, elle, s’identifiait beaucoup à Diana. Toutefois, on ne connaît pas leur jeunesse. On ne sait pas de quoi avait l’air, par exemple, la vie d’Élisabeth quand elle était petite, ou qu’elle venait d’accéder au trône.

Pour me préparer au rôle, il a fallu que j’oublie (ou que je fasse comme si j’avais oublié!) tout ce que je savais de ces personnages. Ainsi, j’ai eu la distance nécessaire pour ne pas les juger, pour les percevoir comme des êtres humains tout simplement.

Pensez-vous que les principaux intéressés seront (ou sont déjà) à l’écoute?
C. F.: Je crois qu’ils savent que la série existe. Mais nous ne saurons jamais s’ils l’ont vue, car ils ne le diront jamais.

Matt Smith: Ils sont trop impénétrables.

Vous avez rendu vos personnages très humains. Élisabeth, qui n’a que 25 ans, voit son monde être complètement chamboulé.
C. F.: C’est le scénario et la réalité de leur situation. Vous ne pouvez pas vous empêcher d’être ému et d’éprouver de la compassion pour la situation et les difficultés qu’ils vivent.

M. S.: Vous ne pouvez pas vous empêcher de ressentir de la sympathie. Ça rend toute l’opération presque moins glamour, même si c’est un monde qui l’est énormément. Vous comprenez ce qu’ils traversent, ils sont très humains et ils tentent tous de composer avec cette situation très étrange et très brutale.

Le rôle du prince Philip est complexe. Parmi ses caractéristiques, on note qu’il est très subordonné à sa femme.
M. S.: Oui, absolument. Il a beaucoup d’amour et une grande affection pour Élisabeth, mais il éprouve quelques soucis avec sa masculinité depuis la mort du roi George – à partir de ce moment, il doit la suivre continuellement. Je crois que c’est une réalité qu’il a du mal à accepter.

«On lui demande de s’agenouiller devant sa femme. Ce sont des choses qui lui semblent complètement irréelles. Après tout, l’histoire se déroule quand même dans les années 1950.» –Matt Smith

Matt, vous avez déjà participé à la fameuse série de science-fiction Dr. Who. Des plans pour y revenir un jour?
M. S.: Par les temps qui courent, je tente d’être le prince Philip à 100%. Je ne peux pas être en même temps un garçon qui voyage dans le temps! C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu jouer dans The Crown: c’était aux antipodes de Dr. Who.

Certaines scènes entre vos personnages ont été annoncées comme étant très 
«13 ans et plus».
C. F.: Oh non. Détrompez-vous. Il n’y a pas de folies de ce genre.

M. S.: Ça ne fait pas assez partie de l’histoire pour que vous ayez besoin de voir plein de scènes olé olé entre la reine et le prince. Il reste qu’il y a assez de scènes intimes pour que le spectateur puisse comprendre que cela constitue une part importante de leur relation et de leur intimité.

C. F.: De nos jours, quand on regarde une série, c’est presque implicite que toutes ces scènes en feront partie. The Crown ne fait pas forcément partie de «ces séries-là», mais c’est 
absolument «sous-entendu».

C’est la deuxième fois que vous personnifiez la reine d’Angleterre, Claire, non?
C. F.: En fait, Anne Boleyn (que j’ai déjà incarnée dans la minisérie Wolf Hall), n’était pas techniquement une reine. Élisabeth, elle, oui. Je ne sais pas comment tout cela est arrivé. Je ne trouve pas qu’elles se ressemblent. Je ne sais pas non plus comment cela se fait que je joue deux rôles liés à la monarchie. C’est étrange.

The Crown
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