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Joanne Corneau, connue sous le nom de Corno, est décédée mercredi matin, selon la journaliste, auteure et amie de l’artiste Marie-Joëlle Parent. Elle avait 64 ans.

Le chroniqueur de La Presse, Hugo Dumas, a précisé sur Twitter que le cancer l’a emporté et qu’elle se trouvait au Mexique au moment de son décès.

Corno est originaire de Chicoutimi. Elle s’était installée à New York en 1991. Sa renommée est internationale: elle a exposé, entre autres, à Dubaï, Los Angeles, Paris, Hong Kong, Singapour, Londres et New York.

Le cinéaste Guy Édoin avait réalisé en 2013 un documentaire, Corno, sur l’artiste et son histoire. Le film avait remporté le Prix du public au Festival International du Film sur l’Art (FIFA).

Elle était la soeur du psychanalyste Guy Corneau.

 Proche des siens même à New York

L’artiste a quitté sa région natale après son passage au Cégep de Chicoutimi pour obtenir un diplôme des Beaux-Arts de l’Université du Québec à Montréal.

«Johanne est partie très tôt de la région, mais elle revenait faire des saucettes au moins deux fois par année pour visiter sa mère âgée de 92 ans et sa sœur Lyne. C’est une fille qui avait beaucoup de caractère et qui n’avait peur de rien. C’était une fonceuse», souligne sa cousine Esther Girard.

Esther et ses quatre sœurs étaient bien proches de la famille de Johanne, qui laisse dans le deuil sa mère, Cécile, sa sœur Lyne et son frère Guy, le psychanalyste et écrivain bien connu.

«Quand nous étions jeunes, Johanne et Lyne se faisaient garder chez nous, et nous étions très près l’une de l’autre. Elle était très proche de sa famille», ajoute Mme Girard, en précisant que c’était tout un spectacle de la voir peindre.

«C’était quelque chose de la voir travailler. Elle faisait de très grandes toiles et c’était éreintant physiquement», précise-t-elle.

«En septembre 2014, Corno a participé à une exposition de photos d’elle prises dans son studio de New York au centre d’art Bang de Chicoutimi», a pour sa part rappelé une autre cousine de l’artiste, Diane Girard.

 

Je suis dévastée d'apprendre que ma chère amie Joanne Corno est décédée hier matin. Je n'arrive pas encore à réaliser que Jo, une femme si pleine de vie, n'est plus parmi nous. Joanne a été ma toute première amie new-yorkaise et une de mes plus grandes inspirations. C'est elle qui m'a donnée envie de déménager à New York en 2008. Son amour pour la ville était contagieux. Elle m'a accueillie à bras ouverts, a partagé avec moi son carnet d'adresses, ses contacts, m'a encouragée dans les moments plus difficiles. Elle avait le coeur sur la main. Je n'oublierai jamais. Joanne est débarquée à Manhattan en 1991, elle ne parlait pas anglais et ne connaissait personne. C’est son ami Roberto, un coiffeur, qui a exposé ses toiles dans son salon pour sa première exposition. «Mon premier studio à New York, il n’y avait même pas de fenêtres, je dormais dans le fond de l’appart. Les premières années sont les plus difficiles, mais aussi les plus stimulantes», disait-elle. Elle a travaillé fort, elle était disciplinée et a finalement trouvé le bonheur à travers son art dans une des villes les plus compétitives au monde. Ce que j'admire le plus chez elle, c'est qu'après toutes ces années à New York, elle était encore émerveillée par les moindres petits détails du quotidien. Je n'oublierai jamais notre première rencontre en 2007. J'étais venue l'interviewer dans son loft de Bond Street, une rue large et pavée, bordée d’édifices industriels et de cages d’escaliers métalliques. Elle habitait un immeuble recouvert de graffitis. Elle m'attendait en haut des marches, toute menue, comme une gamine. Elle portait une casquette avec une tête de mort et des lunettes fumées, «c’est mon look newyorkais», disait-elle. Elle ponctuait ses phrases de «You know!». Impossible de me pas tomber sous le charme. En quittant l’atelier, elle avait salué ses toiles comme des amies, avant de verouiller la porte. Corno qui peint, c’était tout un spectacle. «Je pleure, je ris, je danse, je suis dans une zone, je ne vois pas le temps passer». Elle disait souvent: "Si tu as un rêve, tu peux le réaliser, j'en suis la preuve. Je viens de Chicoutimi, je suis rendue à New York et je vis de ma peinture"

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