YouTube Une image tirée du clip Arrange-toi avec ça, de Bernard Adamus

Bernard Adamus présente le vidéoclip de la pièce Arrange-toi avec ça.

Grâce à son premier album, Brun, Adamus s’est imposé avec une gueule et des propos qu’on voit rarement sur les palmarès pop.

Car ses chansons ont beau sentir la vieille bière et les mégots froids, raconter la misère et les amours malheureuses, elles sont empreintes d’une fraîcheur et d’une sincérité peu communes. Si vous avez craqué pour le son Adamus à l’époque de Brun, vous ne serez pas déçu par son nouvel opus. Remarquez qu’avec un titre comme Numéro 2, l’ami Bernard ne semble pas avoir abandonné sa palette chromatique!

Mais oublions le brun pour l’instant, puisque le clip d’Arrange-toi avec ça est entièrement réalisé en noir et blanc. N’allez pas y voir une quelconque nostalgie du cinéma d’antan, car il s’agit d’un clip d’animation créé par Joël Vaudreuil, qui a déjà mis son immense talent de dessinateur au service d’autres artistes locaux comme Avec Pas d’Casque et Timber Timbre.

On y reconnaît le visage et l’incontournable casquette d’Adamus, mais sa tête est placée sur le corps d’un oiseau qui déambule dans un univers surréaliste qui a l’air d’un croisement entre l’univers des Monty Pyhton et les délires religieux de Hieronymus Bosch. Adamus semble parti pour la grande migration, vite suivi de ses choristes ainsi que d’une volée de tranches de pain ailées dans cette délirante et délicieuse aventure, qu’on reverra avec un plaisir renouvelé.

Pas de panique pour Keith Kouna
Amusant paradoxe : c’est avec une chanson dans laquelle il déplore son statut d’artiste underground et où il rêve d’être une star que l’artiste Keith Kouna risque de rejoindre son plus vaste public en carrière.

L’ex-chanteur des Goules, délirante formation de la Vieille Capitale connue pour ses performances costumées, joue toujours les fous du roi, égratignant l’industrie du disque dans Pas de panique, premier extrait de son album solo. Si elle dégouline de cynisme et d’ironie, son électro-rock minimaliste s’incruste dans l’oreille et le texte fait immanquablement sourire («Pas de panique, il reste encore un kilo de champignons magiques», nous répète le refrain).

Le clip nous présente d’abord le vrai Kouna, qui inspecte son frigo, lequel ne contient malheureusement «qu’un vieux spagat’ au pesto et un oignon qui agonise», avant de laisser la place à son alter ego, chanteur populaire «qui exige dans (s)a loge des craquelins et des fromages fins».

Tourné sur écran vert, le clip d’Olivier Bolduc-Coutu (ex-collaborateur des Goules) reprend les images néon et le montage saccadé des pop stars dont Keith Kouna se moque. Reste à voir si cette diatribe contre la vacuité de la pop moderne vaudra à son auteur d’être enfin reconnu à sa juste valeur.

Le décompte MusiquePlus
vendredi à 20 h 30

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