Josie Desmarais L’organisme Execo va à la rencontre des Montréalais cet été pour produire des œuvres collectives.

Pour la nouvelle cuvée des résidences Métissages urbains, la culture est l’affaire de tous. Quatre artistes soutenus par l’organisme Execo vont à la rencontre des Montréalais cet été pour produire des œuvres collectives dans les parcs et les centres communautaires de la ville.

Grimin, le caméléon, est forcé de quitter son pays de façon précipitée, à la suite d’une tornade dévastatrice. Lorsqu’il arrive aux douanes canadiennes, il ne parle pas un mot de français. C’est la prémisse du spectacle-forum de marionnettes de Marie-Claude Daoust. Chaque représentation est différente, car le dénouement de la pièce se retrouve entre les mains du public.

Une famille a assisté au premier spectacle au lancement de Métissages urbains, fin juillet, à peine deux semaines après son arrivée à Montréal.

«J’ai apprécié le spectacle, car je pouvais bien m’identifier au personnage. Ça raconte notre histoire», a confié la mère. Son mari et elle sont venus avec leur fils âgé d’à peine deux mois au Canada pour échapper à la violence qui sévit dans leur terre natale, le Nigeria. «Nous sommes venus pour être en sécurité.»

«On s’est rendu compte que les artistes pouvaient être des vecteurs de changement, mais plusieurs ne savent pas comment s’y prendre pour travailler avec des groupes plus difficiles à rejoindre. On est là pour faciliter cette insertion», explique Dorothée de Collasson, chargée des initiatives pour une ville inclusive d’Exeko.

«Forger une histoire commune autour d’une œuvre d’art, l’implication dans un projet collectif, ça diminue forcément les préjugés, car tout le monde se retrouve sur un pied d’égalité.» – Dorothée de Collasson, chargée des 
initiatives pour une ville inclusive à Exeko

Se consacrant à l’inclusion sociale, Exeko œuvre auprès des nouveaux arrivants, des Autochtones et d’autres groupes souvent écartés de la vie culturelle à Montréal.

Depuis 2013, Métissages urbains a parrainé 25 résidences artistiques portant sur les difficultés du déracinement et la diversité culturelle de la métropole. Les quartiers de Montréal-Nord et de Hochelaga-Maisonneuve, où la proportion de nouveaux arrivants est importante, sont particulièrement ciblés par les artistes de cette édition.

Attablés dans le cadre d’un atelier improvisé au parc, des enfants de différents horizons culturels s’adonnent à la confection d’une murale. Leur guide, l’artiste atikamekw Meky Ottawa, privilégie les thèmes de la justice et de la cause autochtone dans sa pratique.

«Nous avons un terme dans la langue atikamekw pour désigner les enfants: awacic, qui signifie “petit être de lumière”. Je pense que ça reflète bien l’énergie que les enfants nous donnent, explique-t-elle. Ils sont l’avenir de nos communautés, et c’est pourquoi il faut les exposer le plus tôt possible aux possibilités de l’art.»

Chloé Bourdages-Roy et sa troupe de danseurs s’adressent aussi à la jeunesse en traduisant l’expérience de l’exil à travers le mouvement. Sur un bout de papier, les participants écrivent un souvenir qui est chorégraphié sur-le-champ par les danseuses.

Nouveauté cette année, Métissages urbains s’inscrit dans le programme national Welcome to this place qui réunit des organismes communautaires de Vancouver à Halifax. Ce dernier permet à de jeunes bénévoles vivant partout au pays de découvrir Montréal et de venir prêter main-forte aux initiatives d’Exeko.

L’objectif est de favoriser l’inclusion des nouveaux arrivants et des communautés autochtones dans la société canadienne.

«Forger une histoire commune autour d’une œuvre d’art, l’implication dans un projet collectif, ça diminue forcément les préjugés, car tout le monde se retrouve sur un pied d’égalité.» – Dorothée de Collasson, chargée des 
initiatives pour une ville inclusive à Exeko

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