Collaboration spéciale Nicolas Cage incarne dans Mandy Red Miller, vengeur désespéré après la mort de sa bien-aimée.

Amateurs d’opus étranges et hallucinants, Mandy, de Panos Cosmatos, est pour vous.

La foule du dernier Festival Fantasia était en délire lors de la représentation de cette œuvre iconoclaste et surréaliste où Nicolas Cage, en Orphée des temps modernes, tombe du Paradis jusqu’aux abysses de l’Enfer afin de venger son amoureuse Mandy.

Une odyssée digne d’une transe, sanguinolente et sidérante, comme pouvait l’être Apocalypse Now à son époque.

«C’est tout un voyage, n’est-ce pas? lance, amusé, son réalisateur, lors de son récent passage à Montréal. Je l’ai construit comme une éruption volcanique.»

On pourrait également dire qu’il s’agit d’une déflagration cosmique nappée d’images psychédéliques, de couleurs luxuriantes et de mélodies tourmentées du regretté compositeur Johann Johannsson, où le cauchemar se mue en véritable trip de drogue, avec ou sans effet secondaire.

«C’est une expérience hyper sensorielle, explique le metteur en scène barbu, qui pourrait facilement passer pour le frère de Guillermo del Toro. Mais c’était important de s’exprimer d’une façon qui ne soit pas commune et d’éviter le pastiche.»

Mission accomplie. Et pas à peu près. Croulant sous les influences (le Giallo, le premier Mad Max, les vieux romans graphiques français) et les symboles (les amateurs de Lynch et de Jodorowsky seront au septième ciel), cette orgie cinématographique arrive néanmoins à affirmer son identité forte et propre, abordant des thèmes importants (l’Amérique, les sectes) d’une manière opaque, intellectuelle et divertissante tout à la fois.

«Tu peux projeter tout ce que tu veux dans cet opéra rock, concède son créateur. Tout dépend de ton humeur. Et il y a tellement de couches que le revoir risque d’être gratifiant à bien des égards.»

Une bonne façon de se préparer est de découvrir Beyond the Black Rainbow, l’étonnant et malheureusement trop peu connu premier long métrage du réalisateur canadien d’origine italienne. Surtout qu’il forme un diptyque avec Mandy.

«J’ai écrit les deux films en même temps, se rappelle-t-il. C’était ma façon de faire le deuil de mes parents (papa fut un cinéaste vénéré, maman une sculptrice expérimentale). Il y a beaucoup de leur personnalité dans ces projets.»

«Je pense que beaucoup de gens détesteront ce film, ça ne fait aucun doute!» – Panos Cosmatos, réalisateur de Mandy, une œuvre à prendre ou à laisser qui pourrait très bien devenir culte.

Panos Cosmatos reconnaît que Mandy est plus accessible au commun des mortels que son prédécesseur. La présence de Nicolas Cage n’est sans doute pas étrangère à ça.

Même si la carrière de la star est en déclin depuis au moins 15 ans, Cage trouve ici un rôle idéal, parfaitement adapté à la folie et aux légendaires sautes d’humeur explosives de ses personnages.

«Je trouve que Cage est un artiste impressionniste, capable d’amener beaucoup de dynamisme, maintient le metteur en scène. Il m’a constamment impressionné. Je voulais travailler avec lui et trouver des façons d’intégrer ses idées ainsi que son énergie unique afin de la canaliser de manière naturelle.»

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