Fauché, endetté, mais toujours déterminé à gagner son combat contre Cinar, l’auteur Claude Robinson a entrepris la préparation de son deuxième procès, rendu nécessaire par l’appel interjeté par la maison de production. Pour l’aider à éponger l’imposante facture qui s’annonce, un groupe d’amis a lancé, mercredi, un site web destiné à recueillir des dons du public.

En août 2009, après 15 ans de procédures, la Cour supérieure a tranché en faveur de Claude Robinson, qui poursuivait Cinar pour avoir plagié son personnage Robinson Curiosité et en avoir fait Robinson Sucroë. Cette victoire a coûté près de 250 000 $ en frais de cour à l’auteur.

Puisque Cinar a porté sa cause en appel, Claude Robinson doit à nouveau se lancer dans des procédures juridiques dont les débours devraient avoisiner le quart de million de dollars. «Claude est financièrement au bout du rouleau, a indiqué Pierre Paquet, président éditeur de Communications Voir et porte-parole du groupe d’amis de Claude Robinson. Puisque Cinar a porté la cause en appel, il n’a pas reçu un sou des 5,2 M$ que la cour lui a accordés, et ça, Cinar le sait trop bien.»

En 2002, la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC) a mis sur pied le Fonds Claude Robinson, qui a permis d’amasser quelque 84 000 $. Cet argent a permis de payer une partie des frais d’expertise, de photocopies et de transcription de l’auteur. Ce dernier a tout de même dû composer avec une facture d’environ 170 000 $.

«Claude Robinson a l’appui des créateurs, a expliqué la présidente de la SARTEC, Sylvie Lussier. Nous demandons maintenant l’appui du public pour l’aider à aller au bout de cette nouvelle étape, qui s’annonce longue et pénible.»

«Un homme violé»
La sÅ“ur aînée et le neveu de Claude Robinson, Louise Robinson et Robert Lalonde, ont assisté avec émotion au lancement du site internet. «Mon petit frère n’en revient pas qu’on puisse démolir quelqu’un comme ça, a commenté, la voix nouée, Louise Robinson. Claude est un homme qui a été volé, violé. Nous vivons avec ce drame depuis 15 ans.»

«Nous avons perdu notre oncle, notre frère, notre ami, a ajouté Robert Lalonde. Ils ont transformé un créateur en un homme de loi.»La famille et les amis de l’auteur espèrent que l’appui du public lui permettra de retrouver son goût pour la création. «Claude générait 18 idées par demi-heure, a illustré Pierre Paquet. Nous espérons que le soutien de la population lui permettra de revivre et de retrouver sa créativité.»    

Pour plus de détails, visitez www.clauderobinson.org

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