Edgar Fruitier et ses fantômes d'amour
À deux semaines de la première du spectacle Edgar et ses fantômes, mercredi, le metteur en scène Normand Chouinard et ses cinq comédiens étaient excités comme des enfants. «C’est la première fois qu’on répète avec l’orchestre, alors on s’amuse comme des fous!» a affirmé Vincent Bilodeau, alias Jean Sébastien Bach, après que les comédiens eurent présenté quelques extraits du spectacle aux médias.
C’est que l’orchestre, loin d’être un simple accompagnement, est carrément le sixième personnage qui donne la réplique à Bilodeau, à Edgar Fruitier, à André Robitaille (Mozart), à Sylvain Massé (Beethoven) et à Jean Marchand (Satie) dans ce spectacle à mi-chemin entre le théâtre et le concert.
Dans Edgar et ses fantômes, ledit Edgar est visité par les esprits des quatre compositeurs. «C’est un fantasme de mélomane, puisque ça nous permet d’imaginer les discussions qu’auraient pu avoir ces musiciens s’ils avaient pu se rencontrer», explique Normand Chouinard. «Je crois que c’est du jamais vu, une pièce, même en théâtre musical, où l’orchestre est directement sur la scène, et non dans une fosse», affirme Edgar Fruitier, que ses collègues ont surnommé «WikiFruitier» en raison de ses connaissances musicales encyclopédiques.
«On s’est tous beaucoup préparés, et nous avons fait beaucoup de recherche pour nous assurer d’être crédibles, dit Vincent Bilodeau, mais chaque fois que nous avons une interrogation, c’est d’abord vers Edgar que nous nous tournons!» Normand Chouinard rappelle qu’à la base, le spectacle a été créé pour le mélomane qu’est Edgar Fruitier. Ce dernier réplique humblement qu’il est plutôt «l’ancre autour de laquelle la pièce s’orchestre» et que ses quatre camarades sont d’une importance capitale.
Si Edgar Fruitier, qui joue son propre rôle, est un mélomane averti, les quatre comédiens que Normand Chouinard a choisis pour interpréter les «fantômes» se sont chacun vus, par un heureux hasard, attribuer le rôle de leur compositeur préféré. Cela a permis aux comédiens de beaucoup participer au processus de création. «Quand c’est la première fois qu’une pièce est montée, il y a beaucoup de place à la discussion et à l’improvisation, dit Vincent Bilodeau. Et on va s’en permettre!»
Les acteurs et le metteur en scène s’entendent pour dire que le spectacle s’adresse à tout le monde. «Les pièces choisies sont assez abordables, et on n’entre pas dans le côté technique, explique Normand Chouinard. Néanmoins, je crois que le public aura l’occasion d’apprendre beaucoup de choses! C’est le genre de pièce à laquelle les écoles auraient sans doute avantage à emmener leurs élèves!» À bon entendeur…
Edgar et ses fantômes
Au Monument National
Du 8 au 25 septembre