Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Gang Colours, Michael Kiwanuka, Harvest Breed, Anya Marina, M Pokora et 1995.

Enveloppant
Gang Colours
The Keychain Collection 3,5/5)

On pense beaucoup à James Blake en écoutant The Keychain Collection, de Will Ozanne, alias Gang Colours. Ce qui, franchement, ne peut être considéré comme une mauvaise chose. Sur ce premier LP, fort bien ficelé, Ozanne crée un univers fait de touches minimalistes, de respirations saccadées, de sons planants qu’il parsème avec subtilité çà et là. L’atmosphère qu’il installe a quelque chose de fantomatique, de hantant, un sentiment amplifié par le piano mélancolique (Forgive Me?, Tissues and Fivers…) et les vieux grichements (To Repel Ghosts…). Élégant.
- Natalia Wysocka

De vieux sons
Michael Kiwanuka
Home Again (3,5/5)

Premier album de ce jeune Londonien qui s’amuse à ramener les veilles sonorités soul. On n’a pas lésiné sur les moyens pour ce CD : cuivres, cordes, flûtes et guitares magnifiques. Et le tout a été assemblé avec doigté. Ça donne un album de purs plaisirs. Cela dit, Kiwanuka est peut-être un excellent auteur-compositeur – toutes les chansons sont accrocheuses – et un très bon interprète, mais on ne peut pas dire qu’il ait une belle voix… Moments forts : Tell Me A Tale, avec des guitares à la Nick Drake, et la très jolie Any Day Will Do Fine.
- Eric Aussant

Belle renaissance
Harvest Breed
Everything Changes (3,5/5)

Tout change, dit le titre. À commencer par le nom du groupe sherbrookois qu’on connaissait autrefois sous celui de Jake and the Leperchaun. Heureusement, les nouvellement nommés Harvest Breed poursuivent dans la voie folk-rock qu’ils empruntaient déjà dans leurs précédents albums et offrent un disque maîtrisé, qui mêle les pièces plus atmosphériques et bon vieux rock. Subtiles et diverses, les influences se font sentir – ici, une voix à la Patrick Watson, là, un son à la Neil Young –, mais s’intègrent à merveille à l’ensemble. Longue (deuxième) vie à Harvest Breed!
- Jessica Émond-Ferrat

Découverte
Anya Marina
Felony Flats (3,5/5)

L’auteure-compositrice-interprète de l’Oregon Anya Marina a connu beaucoup de succès lorsque plusieurs de ses chansons ont été diffusées dans des émissions de télévision américaines (Grey’s Anatomy, Gossip Girl, How I Met Your Mother). Felony Flats est son troisième album et elle le présente comme son préféré. Dès la première écoute, on tombe sous le charme de cette jolie blonde à l’adorable voix à la Cœur de pirate. Outre la pièce Believe Me I Believe, qui est plus techno, la chanteuse nous offre des chansons indie pop accrocheuses telles que Notice Me, Hot Button et You Are Invisible.
- Rachelle McDuff

Convenu
M Pokora
À la poursuite du bonheur (2,5/5)

S’il n’est pas très connu ici, M Pokora est parvenu, en l’espace de 10 ans, à devenir le prince du R’n’B chez nos cousins français. À la poursuite du bonheur est un cinquième album dans la veine des précédents, très pop avec une sonorité résolument électro. Pour les besoins de cet opus, le chanteur s’est entouré d’une nouvelle garde rapprochée, comptant notamment Corneille et le rappeur Soprano. Cela n’empêche pas la succession de textes sans grand intérêt et de titres tout à fait convenus. Pourtant, la formule a l’air de fonctionner, car des milliers d’exemplaires ont déjà été vendus en Europe!
- Maxence Knepper

Un beau gâchis
1995
La suite (1,5/5)

Avec son nom singulier, le groupe 1995 souhaite rendre hommage à l’âge d’or du rap français. C’est raté. Au lieu d’être bardé de clins d’œil fins et plaisants, ce deuxième album accumule les banalités misogynes et les paroles déplacées. Pourquoi s’obliger à s’en tenir à la vulgarité outrancière et aux clichés gros comme un bus scolaire? Même si la musique est bonne, parfois jazzy, souvent rétro – un mélange assez rare pour des morceaux de rap –, l’abus de jurons est dangereux pour la santé des oreilles.
-  Maxence Knepper

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

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