Jacques Boissinot Jean-Marc Fournier. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Les allégations formulées par Lino Zambito devant la Commission Charbonneau sont «troublantes», estime le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean-Marc Fournier, qui refuse néanmoins de se prononcer sur la crédibilité de cet ex-entrepreneur de la construction.

En point de presse mercredi, M. Fournier a déclaré que les allégations de financement illégal et de trafic d’influences au Parti libéral l’avaient poussé à rencontrer le directeur général de son parti, Karl Blackburn, qui lui a confirmé que les finances du PLQ étaient impeccables.

D’un ton assuré, le chef par intérim a indiqué que M. Blackburn lui a «réitéré» que le financement du PLQ est «correct», qu’il «respecte la loi qui encadre le financement des partis politiques», et qu’il n’y a pas de «pratique de prête-noms» ou «de pratique d’argent liquide» au sein de son parti.

Il a ajouté que ces pratiques n’avaient «jamais été tolérées» chez les libéraux et qu’elles «ne le seraient jamais».

Questionné sur la crédibilité du témoignage de M. Zambito, qui soutient notamment avoir organisé une soirée fort lucrative pour le compte de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau en utilisant un système de prête-nom, M. Fournier s’en est remis aux commissaires, dont le mandat est «justement d’établir la crédibilité des témoins».

Mais M. Fournier a avoué que «c’est bien évident que les allégations (…) laissent entendre des choses qui ne sont pas à l’avantage de la classe politique en général, et certainement du Parti libéral du Québec.»

Par communiqué, Mme Normandeau a démenti les allégations de M. Zambito. Elle a affirmé qu’elle a toujours exercé ses fonctions avec honnêteté et intégrité.

«Comme plusieurs de mes collègues ministres, j’ai été appelée à participer à des activités de financement à titre d’invitée ou de conférencière, peut-on lire dans le communiqué. Au fil des ans, j’ai pris part à quelques dizaines d’événements de ce genre et ce, dans plusieurs régions du Québec. Cependant, jamais je n’ai été impliquée dans l’organisation de telles activités.»

Pour ce qui est de l’invitation dans la loge de M. Zambito et des fleurs qu’il a fait parvenir à madame Normandeau en mai 2008, elle tient à préciser qu’en aucun temps, ces circonstances n’ont influencé ou altéré ses décisions.

Or au Parti québécois, les réactions sont toutes autres. Selon le ministre péquiste Bernard Drainville, le témoignage de M. Zambito confirme que le Parti libéral est rongé par le financement occulte, si bien qu’il demande aux trois candidats à la direction du PLQ d’appuyer la réforme du financement des partis politiques proposé par le gouvernement Marois.

Ex-propriétaire de la firme en construction Infrabec, M. Zambito remet en cause l’honnêteté de Mme Normandeau, mais affirme également qu’un ex-organisateur de l’ancien ministre David Whissell lui aurait demandé 50 000 $ pour abattre les obstacles à l’obtention d’un contrat majeur.

Avant d’entrer à la séance du conseil des ministres mercredi matin, le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a dit être «renversé» par ces révélations. Il a ajouté qu’il est temps de «nettoyer le système», de ramener de l’intégrité et de «mettre fin au pouvoir de l’argent».

«Le témoignage de M. Zambito confirme le système de prête-nom, confirme que les extras et la surfacturation sont utilisés massivement pour financer le Parti libéral, a dit M. Drainville. Alors j’espère que le Parti libéral va réviser sa position et va nous appuyer dans la réforme du financement des partis poltiques qu’on propose.»

Il lance un appel aux trois candidats à la direction du PLQ, Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand, pour qu’ils révisent la position de leur parti et appuient le projet du gouvernement péquiste de resserrer les règles de financement des partis.

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