www.ceic.gouv.qc.ca Nicolo Milioto

MONTRÉAL – Nicolo Milioto, de Mivela Construction, a admis avoir remis des liasses de billets au Café Consenza à Nick Rizzuto père, mais cet argent provenait de l’ex-dirigeant d’Infrabec Lino Zambito, a-t-il soutenu lundi devant la Commission Charbonneau.

Les policiers qui ont effectué la surveillance du Café Consenza, qualifié de quartier général de la mafia montréalaise, ont vu M. Milioto 236 fois entre 2004 et 2006. Et il y a été filmé en train de remettre des liasses de billets à Nick Rizzuto, le patriarche du clan Rizzuto, et de glisser lui-même des liasses dans ses chaussettes.

S’il cachait ainsi ces billets, c’était «pour ne pas te faire voler, pour ne pas que ça tombe», a-t-il répondu à la procureure chef de la commission, Me Sonia Lebel.

Et cet argent provenait presque toujours de Lino Zambito, qui lui demandait de le remettre à Nick Rizzuto, a-t-il assuré.

Mais lui qui a remis des liasses de billets cinq ou sept fois au nom de M. Zambito ne lui a jamais demandé pourquoi il devait remettre cet argent. «D’où ça vient? Je ne le sais pas. Il m’a dit ‘donnez ça à M. Rizzuto’. Ce n’est pas de mes affaires; je n’ai pas besoin de savoir d’où vient l’argent», a lancé M. Milioto.

Quand la présidente de la commission, France Charbonneau, lui a demandé s’il se pouvait qu’il s’agisse d’un «pizzo», cette commission prélevée par la mafia italienne, M. Milioto a affirmé qu’il n’avait jamais entendu parler de pizzo ici, au Québec.

Il a dit croire que M. Zambito avait «des problèmes d’argent», mais a préféré garder ses impressions pour lui-même et ne pas poser de questions, a-t-il affirmé.

Les quelques fois où l’argent qu’il remettait ne venait pas de M. Zambito, il venait de la vente de billets qu’il effectuait pour l’association Cattolica Eraclea, du nom de son village natal en Sicile. Il est arrivé au Québec à l’âge de 18 ans.

M. Milioto a admis avoir souvent joué aux cartes avec Nick Rizzuto père, au Café Consenza. Il savait bien que les journaux disaient que Nick Rizzuto était relié au crime organisé, mais estimait que ce n’était pas de ses affaires de lui en parler.

Nick Rizzuto «est un père de famille, une bonne personne. Il me respectait et je le respectais», a résumé M. Milioto. Il ne lui a jamais posé de questions sur ce que les médias disaient de lui, a-t-il assuré.

Les deux hommes viennent du même village de la Sicile, Cattolica Eraclea, comme des Catania, des Piazza et d’autres entrepreneurs dans la construction à Montréal, a-t-il souligné. C’est un village de 10 000 personnes et tout le monde se connaissait, a-t-il soutenu.

M. Milioto a assuré que les deux hommes ne faisaient que parler de cartes, qu’il ne lui a pas, par exemple, parlé de son fils Vito Rizzuto, emprisonné durant plusieurs années aux États-Unis.

Des témoins ont déjà dit à la commission que M. Milioto agissait comme intermédiaire entre le clan Rizzuto et le cartel des entrepreneurs en construction à Montréal.

L’ancien président de Mivela Construction, surnommé «Monsieur Trottoir», tant il en imposait dans ce secteur de la construction à Montréal, poursuivra son témoignage mardi.

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