Des compétiteurs entrent dans un ring, se font face, se dévisagent, et, au lieu de commencer à se taper sur la gueule, ils se mettent à rire à gorge déployée. Plus agréable, non? C’est ce qui se passe dans une compétition de rire, un phénomène qui a pris naissance au Québec en 2010 sous l’impulsion du travail d’Albert Nerenberg, documentariste, journaliste et rirologue (laughologist) autoproclamé.

«J’ai eu l’idée d’organiser [des Championnats de rire] dans le cadre d’un gala du UFC (Ultimate Fightning Championship), a raconté M. Nerenberg dans une entrevue qu’il a accordée à Métro. Le duel impliquait Georges St-Pierre et un autre combattant dont j’ai oublié le nom. J’ai assisté à la pesée. Quand est venu le temps pour les deux adversaires de prendre la pose et se regarder dans les yeux, ils se sont mis à rire. C’était un rire sarcastique, mais ils ont un peu perdu le contrôle. Ça m’a donné l’idée de faire du rire un sport, pour que ça intéresse davantage les gens.»

Le premier championnat a eu lieu à la Sala Rossa, à Mont­réal, en 2010. La compétition et les étapes qui y ont mené ont été filmées et utilisées dans le documentaire Rire extrême, réalisé par M. Nerenberg et présenté sur les ondes de Canal D. M. Nerenberg a réalisé un autre documentaire sur le rire, Laughology, en anglais celui-là.

«Dans le monde, nous avons un Ultimate Fightning championship, alors pourquoi ne pas avoir un Ultimate Laughing Championship?» – Albert Nerenberg, rirologue, qui a lancé les Championnats du rire

Selon le rirologue, le rire est bien plus qu’une réaction instinctive à une «joke de pet». «Nous sommes encore un peu obsédés par nos aspects primitifs, mais je pense que le rire nous pousse vers la partie plus lumineuse de notre personnalité», explique-t-il.

Antoine Laforest, président du Club de rire de Montréal et participant au Championnat de rire de 2010 et de 2014, vante lui aussi les bienfaits de se dilater la rate. «Quand j’ai commencé à prendre part à des ateliers de rire, j’étais en dépression profonde. Ça m’a apporté énormément. Aujourd’hui, peu importe la situation, je suis quand même heureux. J’ai un meilleur tempérament et une plus grande résilience», a-t-il reconnu.

Comment ça marche?
Le format d’une compétition de rire, à tout le moins si elle est organisée par Albert Nerenberg, est assez simple. Disons que 20 personnes y participent. Après chaque épreuve, des gens sont éliminés, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un compétiteur, qui sera alors désigné champion. Un genre de Royal Rumble du rire, sauf qu’au lieu de voir Brett Hart et Shawn Michaels s’allier pour envoyer Yokozuna par-dessus la troisième corde (trop obscur comme référence?), on laisse aux juges le soin de décider qui poursuit l’aventure.

Les épreuves d’un Championnat de rire sont variées. Il y a, notamment, le duel de rires, où deux personnes se font face dans le ring et tentent de rire plus – et de manière plus convaincante – l’une que l’autre; l’Alabama Knee Slapper, où les gens doivent rire en se tapant sur les cuisses; et le rire diabolique (imaginez Dr Terreur qui vient d’exiger 1 MILLIARD de dollars).

«Un bon rieur peut être éliminé plus tôt qu’on l’aurait pensé simplement parce qu’il maîtrise mal un des jeux», explique M. Laforest.

Mais qu’est-ce qu’un bon rieur? «Ça prend de la volonté, précise le président du Club de rire de Montréal. Un combat de rire, c’est quand même assez essoufflant. En plus, il faut vouloir, et avoir de la facilité à entrer dans le jeu.»

«Les gens pensent que c’est la personne à la voix la plus forte qui gagnera, indique pour sa part M. Nerenberg. Mais en réalité, il faut surtout avoir un rire contagieux. NLes juges évaluent la réaction de la foule, notamment.»

Bref, tout le monde peut rire, mais ne gagne pas un championnat de rire qui veut.

Rendez-vous au ShazamFest
Pour les gens intéressés, le Championnat de rire extrême de 2015 sera présenté dans le cadre du festival ShazamFest, dans la municipalité d’Ayer’s Cliff, en Estrie.

Le festival se déroulera du 9 au 12 juillet, mais la compétition de rire aura lieu le dimanche 12 juillet. L’événement, dont l’hôte sera le rirologue Albert Nerenberg, est ouvert à tous.

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