Amine Esseghir/TC Media Les techniciens de laboratoires se sont rassemblés devant l'hôpital du Sacré-Cœur pour dénoncer le projet de centralisation des laboratoires d'analyses Optilab.

Les employés membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de l’hôpital du Sacré-Cœur se sont rassemblés le 3 novembre pour dénoncer le projet Optilab, décidé par le ministre Gaëtan Barrette. Outre les pertes d’emplois qu’ils appréhendent, ils mettent en garde la population contre les risques qu’un tel projet pourrait engendrer.

Malgré la pluie, ils étaient une trentaine sur les 150 techniciens de laboratoire affiliés à l’APTS employés par l’hôpital Sacré-Cœur, à manifester sur le boulevard Gouin. Ils participaient à la journée de manifestation organisée par l’APTS partout au Québec contre le projet de centralisation des laboratoires (Optilab).

Optilab vise la création de 11 mégas structures d’analyses pour toute la province qui procéderont aux traitements des échantillons prélevés dans les centres hospitaliers et les CLSC.

Plus aucun prélèvement ne serait traité dans les hôpitaux qui reçoivent les patients. Avec Optilab, le ministre de la Santé espère réaliser une économie de 75 M$.

L’APTS craint quant à elle une perte de 1000 emplois dans tout le Québec. «On nous a déjà dit qu’il y aura une réduction du nombre d’heures de travail d’au moins 50%», indique Guillaume Chouinard, président de l’APTS à Sacré-Cœur.

La manifestation était également destinée à informer la population des conséquences d’une telle réorganisation. Pour les syndicalistes, les délais de transport et de transmission des résultats mettent en péril la santé des usagers.

Risques
M. Chouinard donne un exemple récent de l’utilité de la prise en charge des prélèvements par un laboratoire au sein même de l’unité de soin. Il cite le cas d’un patient diagnostiqué pour une leucémie aiguë et hospitalisé la journée même parce que les résultats de ses analyses de sang effectuées à l’hôpital ont été obtenus en quelques heures.  «Avec Optilab, il aurait fallu attendre au mieux jusqu’au lendemain», souligne M. Chouinard.

Les prélèvements du Sacré-Cœur seront traités au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) qui sera le centre serveur pour plusieurs hôpitaux du Nord-Est de la métropole. «Pour nous, les échantillons devront parcourir une dizaine de kilomètres, en région on parle de centaine de kilomètres», observe M. Chouinard.

L’APTS revendique un moratoire pour la mise en place d’Optilab. Une pétition de 20 000 signatures a été présentée et une plainte a été déposée au Tribunal administratif du travail pour contester la méthode du ministre de la Santé.

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