Au départ destiné à des réfugiés syriens, les cours de français à l’initiative du Collectif pour l’unité de L’Île-des-Sœurs, ont été ouverts à plus que les rescapés de ce conflit. Colombiens, Péruviens, Vénézuéliens et Chinois notamment se rassemblent chaque semaine au Centre social d’aide aux immigrants (CSAI) de Verdun depuis cet été.

Au fil des rencontres, quatre professeurs bénévoles leur apprennent la langue molière, mais aussi la culture québécoise, de Maurice Duplessis en passant par le Refus global, puisque les étudiants sont avancés.

«Ne soyez pas nerveux de parler chacun votre tour. On se fout des erreurs. En plus je vous ai gardé un beau poème de Saint-Denys Garneau pour la fin en plus», indique Louise Pinard à ses huit élèves attablés autour d’elle, après son cours du vendredi matin.

La plupart des réfugiés syriens récemment accueillis étant installés à Côte-Vertu et à Saint-Laurent notamment, des cours de français leur sont offerts plus près de chez eux. Puisque les bénévoles du collectif de l’île s’étaient déjà mobilisés, d’autres réfugiés ou immigrants ont pu s’inscrire aux cours.

C’est le cas d’Adrian Saravia, arrivé à Montréal de Lima en 1989. «J’ai toujours eu des problèmes avec la grammaire et je viens pour pratiquer. On ne nous montre pas toutes les différentes utilisations de chaque mot à l’école quand on arrive», soutient l’homme de 64 ans.

Les autres réfugiés
Bien que les employés du CSAI soulignent que la couverture médiatique des derniers mois a permis de sensibiliser la population à la cause des réfugiés, plusieurs autres communautés ont besoin d’aide comme celle dont les Syriens bénéficient.

«Le centre a reçu plus de réfugiés de partout dans le monde que de Syriens. Peu importe son origine, chaque réfugié est un réfugié. On se doit de les traiter équitablement. On doit parfois négocier avec le monde corporatif, qui est moins sensibilisé à cette réalité», lance la directrice du CSAI, Lida Aghasi.

La situation est complexe, puisque certains donateurs exigent que leurs dons aillent aux familles syriennes exclusivement. Elle estime que certaines personnes tendent à oublier que le Québec a déjà accueilli d’autres vagues importantes de réfugiés, comme les Vietnamiens et les Kosovars par exemple.

«Les réfugiés syriens ont encore beaucoup besoin d’aide. Le système de santé, se trouver un emploi, ce sont des choses complexes pour eux», estime la coordonnatrice du CSAI de Verdun, Louise Trudel.

Modèle international
«On existe depuis 1947, on accueillait des réfugiés avant que le ministère de l’Immigration soit créé. Des équipes de chaînes de télévision françaises et belges sont venues voir comment on procédait. Même l’ambassade américaine parce qu’aux États-Unis, ils n’ont pas été en mesure d’assimiler 10 000 réfugiés», raconte Mme Aghasi.

Le CSAI aide environ 150 immigrants et réfugiés chaque année. L’an dernier, l’organisme a dû répondre à 250 demandes. Que ce soit pour apprendre la langue, faire des documents officiels ou simplement tenir des séances d’informations, quelques 29 employés sont toujours disponibles pour répondre aux besoins.

Les cours de français organisés par le collectif se terminent à la fin du mois de novembre, mais reprendront en janvier.

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