(Photo: IDS/Verdun Hebdo – Delphine Bergeron) Françoise Michaud s'est fracturé la cheville au lac Lacoursière l’année dernière. Elle n'y a pas vu des roches, dissimulées par les herbes hautes.

Une odeur nauséabonde contraste avec la beauté du lac Lacoursière, à L’Île-des-Sœurs. Après avoir usé de stratégie pour l’entretenir au fil des ans, son nouveau statut de milieu protégé vient compliquer la donne pour l’arrondissement. Des résidentes se sont donc mobilisées afin d’améliorer leur environnement.

Lou Desjardins, Muriel Laurence et Françoise Michaud habitent à proximité du lac artificiel et viennent s’y promener régulièrement. Elles sont bien contentes de savoir que les canards se portent bien, mais il en va tout autrement de la population.

«C’est un problème de santé publique», disent-elles.

Mme Michaud s’est cassé la cheville à cet endroit l’an passé. Elle n’a pas vu des roches, cachées par les herbes hautes.

Le lac Lacoursière est aux prises avec un problème d’envahissement de phragmite, dont certaines espèces sont appelées le «roseau des marais». L’hiver venu, l’herbacé meurt et s’accumule sur le lit du lac. Les eaux peu profondes seront remplacées, avec le temps, par le dépôt de sédiments et pourraient même entraîner la disparition du lac.

«C’est le phénomène d’eutrophisation. Un phénomène naturel qui amène une mauvaise circulation de l’eau», précise le conseiller d’arrondissement Pierre L’Heureux.

Loi 132

Il y a quelques années, le fond du lac avait été recreusé pour pallier le problème. Ce n’est plus possible aujourd’hui puisque le lac est protégé par la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, adoptée en juin 2017 par l’Assemblée nationale.

«Il faudrait assouplir l’interprétation de la loi», affirme le conseiller, face à ce problème d’hygiène et d’esthétique.

Des quenouilles ont été plantées pour prendre le dessus sur le phragmite, ce qui ne règle aucunement le problème d’eutrophisation. Bien au contraire puisque la quenouille est une espèce indigène protégée et qu’il est impossible de la tailler ou l’éliminer sans passer par le ministère de l’Environnement.

«La beauté amène un apaisement, c’est bon pour la santé mentale.»
— Véronique Tremblay, conseillère d’arrondissement

«Ce sont des politiques que nous ne contrôlons pas», dit la conseillère d’arrondissement, Véronique Tremblay.
En plus de dégager une forte odeur de soufre, il est presque impossible de voir le lac.

Visite

Les Insulaires engagées ont choisi la communication plutôt que la confrontation pour tenter de trouver des solutions. Elles ont ainsi fait une visite du lac en compagnie d’élus de Verdun la semaine passée.

L’arrondissement est en processus de négociation avec le ministère pour pouvoir intervenir dans le lac. «Ça nous coûte une fortune en analyse», explique Pierre L’Heureux.

Il demande de pouvoir améliorer la circulation de l’eau, avec par exemple une pompe qui alimenterait le lac avec l’eau du fleuve à proximité.

Le ministère de l’Environnement assure qu’il accompagne l’arrondissement dans le projet de nettoyage du lac. Une demande pour des travaux fin juin a bien été reçue, et d’autres demandes seront faites, comme pour le prélèvement de l’eau.

Des analyses doivent être finalisées, ensuite les travaux pourront être réalisés. L’arrondissement espère que le financement suivra, car l’estimation de 1,5 M$ pour remettre le lac sur pied va au-delà de ses capacités de payer.

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