Il y a quelques jours, le quotidien Le Devoir publiait un sondage qui révèle que le PQ aurait eu de bonnes chances de remporter le pouvoir si des élections avaient été déclenchées à ce moment-là.

Pour moi, ce que cela illustre, avant tout, c’est la volatilité de l’électorat. Ainsi, en avril 2011, un sondage réalisé pour Le Devoir démontrait que le PQ aurait remporté une victoire facile, si on avait tenu des élections, à ce moment-là. Le parti dirigé par Pauline Marois aurait recueilli 38% des suffrages, contre 31% pour les Libéraux de Jean Charest. Onze mois plus tard, c’est 33% de l’électorat qui appuie le Parti Québécois. En moins d’un an, ce parti aurait donc chuté de cinq points dans les suffrages populaires, tout comme le PLQ.

Un coup d’oeil sur certains sondages réalisés au cours de l’année illustre encore plus à quel point l’humeur des électeurs (du moins celle de ceux qui sont sondés) évolue constamment. En juin 2011, la popularité du PQ avait chuté à 21%, devançant de peu les Libéraux, à 20%, alors que l’impact de la Coalition de l’Avenir du Québec (CAQ) se faisait clairement sentir, recueillant alors la majorité des appuis, avec un score de 33%.

En décembre 2011, la CAQ volait encore plus haut dans la faveur populaire, selon un autre sondage. Elle recueillait alors 39% des appuis, contre 28% pour le PLQ et… 18% pour le PQ! Le mois dernier (février 2012), les trois principaux partis étaient nez à nez, avec un score de 28% pour la CAQ, 29% pour le PLQ et 28%, pour le PQ.

Je pense que mes amis péquistes auraient tort de mettre immédiatement en branle la machine du référendum sur la souveraineté. Ce que l’on ne répète pas, sur le plus récent sondage, c’est que plus du quart des personnes rejointes (27%) ont refusé de se prononcer. Cela risquerait de jouer bien des tours, lors du dépouillement des boîtes d’un éventuel scrutin.

Il est bien clair que les Québécois son très indécis sur leurs intentions de vote. Il y a, bien sûr, des péquistes durs, tout comme des libéraux bien teintés au rouge. Mais bien malin est celui qui oserait présumer du résultat d’un scrutin, en cette période perturbée par les manifestations des différents groupes de pression.

Tout cela incitera peut-être Jean Charest à déclencher des élections avant l’été. La CAQ ne parvient pas à définir clairement comment elle dirigerait le Québec tandis que le spectre référendaire du PQ fait peur à une large partie de l’électorat. Dans ce contexte, bien des gens pourraient avoir tendance à opter pour un parti qui propose des solutions concrètes aux problèmes qui affectent le Québec.

Dans la lutte à trois qui s’annonce, la seule chose que l’on peut prédire avec une quasi-certitude, c’est que le parti qui formera le pouvoir aura recueilli moins de 40% des votes. Avec 60% des gens qui auront voté contre le gouvernement, faudra-t-il alors se surprendre si le nouveau gouvernement affiche encore un taux très élevé de mécontentement dans les sondages?

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