Des trois Dorvalois qui avaient pris la route de Rio, seul Brent Lakatos est parvenu à se hisser sur le podium. Malgré beaucoup d’espoir, Christine Gauthier en canoë-kayak et Bruno Haché, capitaine de l’équipe canadienne de Goalball, sont revenus cette semaine bredouilles des Jeux paralympiques.

RIO DE JANEIRO - 15/09/2016 Brent Lakatos competes in the Men's 800m T53 Final at the Rio 2016 Paralympic Games at Olympic Stadium. (Photo by Angela Burger/Canadian Paralympic Committee)

Brent Lakatos: Réaliser un rêve
Dès les premiers jours de compétition, Brent Lakatos a remporté l’or qu’il convoitait au 100m T53 de course en chaise. Il s’est également mérité l’argent au 400m et le bronze au 800m.

« Lors de la finale de 100m, j’ai ressenti beaucoup de pression que je ne pensais. Il a fallu que je me rappelle que c’était moi le gars à battre », raconte l’athlète, qui ne pouvait dissimuler la fierté qu’il ressentait d’avoir enfin atteint son objectif.

En plus des médailles individuelles, Lakatos est monté sur la troisième marche avec ses coéquipiers Curtis Thom, Tristan Smyth et Alexandre Dupont au relais 4×400 m T53-54. Équipe Canada a eu gain de cause après avoir déposé un protêt sur la finale. Un mauvais placement dans la course a désavantagé les représentants de l’unifolié menant à la disqualification de la Corée.

Rio de Janeiro-9/9/2016- Team Canada plays Brazil in the men's goalball at the 2016 Paralympic Games in Rio. Photo Scott Grant/Canadian Paralympic Committee

Bruno Haché:Le match de sa vie
Bien que l’équipe de Goalball canadienne ait subi un revers de 5-4 contre la Lithuanie en quart-de-finale à Rio, Bruno Haché, son capitaine, s’en sort avec le sentiment du devoir accompli.

« Nous avons suivi notre plan de match au meilleur de notre capacité et avons accompli tout un exploit. Aller en deuxième ronde de surtemps contre les meilleurs au monde et tient du tour de force. Même si c’était mes quatrièmes Paralympiques, c’était le match de ma vie », confie le joueur de 39 ans.

Selon M. Haché, le match qui les opposait aux favoris était décisif à savoir qui irait en finale pour la médaille d’or. Malgré cela, Il est entré sur le terrain avec une confiance qu’il n’avait jamais eue auparavant.

« C’est ce que je rapporte de plus important de Rio. Après tant d’années sur le circuit, je ressentais toujours de la nervosité avant de débuter le match. Cette fois-ci, j’étais en pleine forme et j’ai vaincu mon trac habituel », ajoute-t-il, en mentionnant que cette nouvelle force lui permet d’entreprendre un nouveau cycle de quatre ans jusqu’à Tokyo.

Le match a donné lieu à un moment particulier pour les deux équipes. Les Lithuaniens ont démontré leurs émotions pour une rare fois, félicitant chaudement leurs adversaires canadiens à la fin de la partie.

« Le capitaine est même revenu me serrer dans ses bras une deuxième fois après avoir fait la file, ça veut tout dire », précise Haché.

RIO DE JANEIRO - 15/9/2016: Christine Gauthier competes in the Women's KL2 Final Canoe Sprint at the Lagoa Stadium during the Rio 2016 Paralympic Games in Rio de Janeiro, Brazil. (Photo by Matthew Murnaghan/Canadian Paralympic Committee)

Christine Gauthier:Amertume
Le canoë-kayak faisait sa première apparition aux Jeux paralympiques cette année, à Rio. Malgré de bonnes performances tout au long des qualifications, la quintuple championne du monde est passée à côté du podium du 200m KL2, finissant moins d’une seconde derrière la troisième place, l’Australienne Susan Seipel.

« Je n’étais pas prête, je le savais. Mon entraîneur et moi avons découvert des trucs pour améliorer ma performance moins de deux semaines avant la compétition. C’était trop peu, trop tard », lance-t-elle d’emblée.

Loin de blâmer celui qui est allé au-delà du mandat que lui avait confié Canoë Canada, son coach régulier Mark Creamer, elle déplore surtout le manque de soutien offert par Équipe Canada pour les sports paralympiques.

« Les dirigeants disent qu’ils veulent investir plus dans les disciplines où le pays performe mieux, soit la natation et l’athlétisme, mais ils obtiennent ces résultats justement parce qu’ils ont droit à des entraîneurs à temps plein et un meilleur soutien financier. C’est un cercle vicieux », ajoute la femme de 46 ans.

Sans se laisser abattre, la Dorvaloise espère être à Tokyo pour ses 50 ans. « Je n’irai pas à n’importe quel prix, par contre. Je ne vais pas là-bas faire du tourisme, je veux performer. Si le Canada ne m’offre pas un meilleur programme d’entraînement pour ma préparation, je n’irai pas ou je vais évaluer d’autres options », conclut-elle.

Le tir à l’arc fait partie de ces autres options. Elle a déjà commencé à tirer des flèches avec l’équipe canadienne et, comme par hasard, le pays n’a pas de représentant dans cette catégorie. Elle espère aussi que sa candidature sera acceptée pour les jeux Invictus qui se tiendront à Toronto en 2017.

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