TC Media/Isabelle Bergeron Dans le secteur Duff-Court, Shawn Bourdages, le directeur général du COVIQ, dénonce cette situation lourde de conséquences, apportant de l’isolement et de la détresse psychologique aux résidents.

Moisissures, insectes et détérioration du bâtiment sont le lot de locataires lachinois aux prises avec des problèmes d’insalubrité. Devant le refus du propriétaire de faire des travaux, des résidents de Duff-Court sont à court de ressources.

Malgré des plaintes envoyées à l’arrondissement par les locataires des logements privés situés sur la rue Duff-Court de Lachine, rien n’a bougé. «Les dossiers ont été fermés, alors que rien ne s’est réglé», déplore Daniel Chainey, le porte-parole du Comité logement Lachine-LaSalle (CLLL).

Plus de deux ans se sont écoulés depuis le début des procédures avec la Régie du logement. L’audience est prévue le 27 mars. «Sur les trois immeubles concernés, 27 locataires se sont mobilisés et 21 plaintes ont été envoyées à l’arrondissement. Six personnes iront à l’audition. Quand les gens ont des problèmes, ils ne veulent pas passer à travers le processus», fait savoir M. Chainey.

La problématique de Duff-Court est aussi présente dans les secteurs d’Ivan-Franko et de Louis Paré, où se trouve un grand nombre de logements. «Il a des problèmes de gestion parasitaire dans ces immeubles, sans parler des problèmes de réparations», estime le porte-parole du CLLL.

Détresse psychologique
Cette situation a de lourdes conséquences sur la qualité de vie des locataires. En plus d’être nocifs pour leur santé, les problèmes d’insalubrités amènent de la détresse psychologique.

«Je suis stressée, je suis à bout de souffle. Un moment donné, tu ne sais plus vers qui te tourner», soutient une personne qui préfère rester anonyme par peur de représailles.

La situation est partagée par près d’une dizaine de locataires rencontrés par TC Media. Plusieurs d’entre eux souffrent d’isolement. «Je n’invite plus personne à venir chez moi parce que je suis gêné de l’état de mon logement», fait savoir une autre personne.

La situation nuit au sentiment d’appartenance des résidents, selon le Comité de vie de quartier Duff-Court (COVIQ). «Leur détresse les empêche de s’intéresser aux enjeux du quartier. Ils sont rendus à une étape d’épuisement. C’est un obstacle qui est assez grand à leur implication sociale et communautaire», indique Shawn Bourdages, le directeur général du COVIQ.

Pour plusieurs, quitter leur logement n’est pas une option. «C’est une clientèle dite captive. Ce sont majoritairement des aînés qui ont des animaux, qui fument la cigarette, de nouveaux arrivants ou des familles nombreuses. Le milieu traditionnel locatif est retissant à leur louer ou demande des références. Ils se retrouvent donc dans des logements où ne pas s’en occuper et récolter les loyers semblent être un modèle d’affaires», soutient M. Bourdages.

Inspections
Lorsqu’un locataire fait parvenir une plainte à l’arrondissement, un inspecteur se rend sur place pour émettre un rapport. S’il y a lieu, il rédige un avis d’infraction et le remet au propriétaire afin qu’il procède à des rénovations dans le délai demandé, sans quoi il recevra une amende.

Toute personne physique qui commet une infraction est passible d’une amende pouvant atteindre 2 000$ pour la première et jusqu’à 10 000$ pour une récidive. S’il s’agit d’une personne morale, soit une entité, l’amende s’élève entre 4 000$ et 20 000$.

«Quand ce sont des logements privés qui sont infectés, c’est plus difficile. Les propriétaires ne sont pas toujours coopératifs ou ne font pas toujours les travaux de manière efficace», indique la mairesse Maja Vodanovic.

À Lachine, on compte près de 20 000 logements privés. De ce nombre, 16 % font partie d’un ensemble de logements en copropriété.

Mme Vodanovic reconnaît que l’arrondissement a encore du travail à faire. «C’est difficile d’agir. C’est un domaine très complexe. Il faudrait avoir des personnes spécialisées qui puissent commencer le travail et le finir. On veut plus d’inspecteurs qui font de l’accompagnement et pas seulement envoyer des avis.»

Afin de s’attaquer aux logements insalubres, la Ville de Montréal s’est engagée à augmenter à 30 le nombre d’inspecteurs en salubrité, en appui aux arrondissements.

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