Gratuité Les jeunes dans une serre qu'ils ont aménagé au Nunavut.

Quatre étudiants du cégep André-Laurendeau ont vécu une expérience scientifique et socioculturelle unique au Nunavut, dans le nord du Canada, dans le cadre d’un projet de fin d’études collégiales avec le département de biologie.

Baptisé Projet Nord, ce stage du 15 au 27 juin a permis à Alexandre Jolicoeur, Éloïse Johnson, Lytana Lécuyer et Amélie Boucher de partager leurs apprentissages avec les quelque 3000 habitants d’Arviat. C’est la deuxième plus grande communauté du Nunavut, sur la rive ouest de la Baie d’Hudson.

Dans ce premier projet doté d’un budget d’environ 30 000 $, les jeunes ont récolté des données sur les changements climatiques et leurs répercussions pour les habitants des territoires nordiques canadiens, notamment sur l’eau et les carcasses d’animaux rapportés par les chasseurs de l’endroit.

Inscrits au programme préuniversitaire en sciences de la nature à André-Laurendeau, les étudiants, maintenant à l’Université de Montréal, étaient accompagnés de l’enseignante Myrella Bergeron-Prévost. «Lancer un tel projet est très difficile. Le travail d’être pionnier dans le domaine est doublé», dit-elle.

L’agriculture nordique
L’équipe a aussi construit une serre avec un système d’aquaponie, un système fermé qui associe une culture de végétaux avec l’élevage de poissons.

«L’eau contenant des déjections de poissons nourrit les végétaux cultivés qui eux, filtrent l’eau avant qu’elle ne retourne dans le bassin de poissons», explique Myriam Vear, la porte-parole du cégep de LaSalle.

«C’est avantageux pour [la communauté du Nuvavut], car ils peuvent faire pousser des plantations l’hiver si le système est à l’intérieur. Le froid est un problème majeur dans l’Arctique canadien pour faire pousser des légumes», dit le jeune chercheur, Alexandre Jolicoeur.

Comme il s’agissait de leur projet de fin d’études, c’était leur dernière note avant de quitter vers l’université.

Les jeunes ont présenté leur rapport à l’Expo-sciences et remporté le prix du public.

D’une expérience à l’autre
Les ex-cégépiens sont revenus avec une expérience de vie qui va bien au-delà de l’académique. Ils ont découvert la communauté inuit et ses problématiques sociales.

Il n’y a pas d’industrie, pas de travail, sinon des emplois de service. Le haut taux de chômage empêche les habitants de se procurer des denrées de base, hors de prix, comme les fruits et légumes.

«Nous avons eu des rencontres exceptionnelles. Celle qui nous a accueillis, Shirley Tagalik, nous a accompagnés tout le long de l’expédition», explique Alexandre.

Les jeunes ont été à même de vérifier certains mythes. «Une petite fille nous a montré que le ‘bec esquimau’, avec le bout du nez, existe vraiment», dit-il.

L’étape la plus difficile a été pour eux la préparation et les campagnes de financement. Il faut préciser que les billets d’avion étaient 2 700 $ chacun.

L’instigatrice du projet, Jeanne Dumoulin, enseignante en biologie, en collaboration avec Vincent L’Hérault, chercheur à l’Université du Québec à Rimouski prépare une deuxième cohorte pour devrait se rendre au Nunavut l’été prochain pour assurer le suivi du projet.

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