Josie Desmarais Édouard Picard devant l'édifice de la Légion de la rue Bouvier.

Peu avant son départ pour la guerre de Corée, Édouard Picard a été blessé par une balle, lors d’un camp d’entraînement. La malchance a fait que l’homme, aujourd’hui âgé de 84 ans, n’aura jamais combattu. 63 ans plus tard, il ne sait pas s’il se lancerait dans la même aventure.

«Une caisse de munitions est tombée sur mon pied, une balle est partie et m’a frappé au même endroit, raconte Édouard Picard.

L’incident a laissé des marques. L’homme qui n’a jamais été guéri à 100% affirme, encore aujourd’hui avoir des douleurs. «Je pense que c’est pour ça qu’ils ne m’ont pas envoyé l’autre bord, sans ma blessure, je serais peut-être encore dans l’armée», confie celui qui doit même porter un support spécial.

Après son accident, Édouard Picard s’est joint à l’armée de réserve, comme chauffeur de camions et musicien avec la fanfare militaire. «Je faisais des parades avec les drums et la grosse caisse», dit-il.

L’homme de 84 ans est membre de la Légion royale canadienne, filiale 212 de LaSalle, depuis trois ans, après avoir fait partie de celle de Chomedey (Laval) pendant plusieurs années.

Liens tissés serrés
Édouard Picard maintiendra toujours son attachement avec ses amis de la Légion. Le week-end dernier, il a pris part aux cérémonies de l’armistice et vendu des coquelicots avec son épouse de 97 ans. «Je suis membre de Légion depuis 31 ans et je vais y rester aussi longtemps que je serai capable», assure celui dont l’épouse est membre associée de l’organisme depuis 28 ans.

Édouard Picard n’a jamais perdu un parent sur les champs de bataille. Un de ses amis du 22<V>e<V> Régiment est devenu sourd en agissant comme parachutiste.

M. Picard et son beau-frère ont été membres du Black Watch, le plus ancien régiment écossais au Canada. Il n’aime pas parler de ses séjours dans l’armée avec sa famille. «Je ne pose aucune question, on ne parle pas de ces choses et c’est encore le cas aujourd’hui», dit-il.

Natif de Rosemont et résident de LaSalle depuis quatre ans, Édouard Picard a perdu sa première épouse, décédée d’un cancer, et sa mère à l’âge de 102 ans. Il s’est remariée avec Yvette Poulin Picard, 97 ans, avec laquelle il partage sa vie depuis 26 ans.

L’homme est père de cinq enfants et il a 10 petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants.

Il avoue que si c’était à refaire, il changerait son parcours. «On fait ça pour être libres dans notre pays, faire ce qu’on veut et dans la langue qu’on veut. Mais le Québec veut que tout se fasse dans une seule langue. Il n’y a pas que les francophones qui sont allés à la guerre».

Édouard Picard n’a aucune photo souvenir de son séjour dans l’armée. Tout s’est envolé en fumée alors que lui et sa première épouse ont tout perdu dans un incendie il y a plusieurs années.

«Mon grand-père a fait deux guerres, mon père et mon frère étaient tous militaires. Ça m’attirait beaucoup. Je voulais porter un uniforme et si l’armée m’avait envoyé de l’autre bord, j’aurais été content parce que c’est ce que je voulais faire», observe l’ancien combattant.

26 791 militaires canadiens ont servi dans la guerre de Corée pendant la phase de combat, et par la suite en tant que gardiens de la paix. Les derniers soldats canadiens ont quitté la Corée en 1957.

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