TC Media / Gracieuseté Paul Litherland L’artiste Yann Pocreau présente dans une vidéo le portrait d'Auriette Breton, la doyenne de l’Hôpital Saint-Luc qui a pris sa retraite lors du déménagement vers le nouveau CHUM après quelque 50 ans de loyaux services.

Les LaSallois pourront échanger avec l’artiste Yann Pocreau et en apprendre davantage sur son exposition Patrimoines au Centre culturel et communautaire Henri-Lemieux de LaSalle, samedi. Il y explore les questions de santé, de mémoire et d’attachement paradoxal aux lieux, tels que les hôpitaux.

L’artiste originaire de Québec mènera une visite informelle auprès des curieux. «J’aime quand les gens participent, quand l’art est vecteur de discussion», explique M. Pocreau.

Son exposition, qui a déjà été présentée aux Galeries de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), est composée en majorité de photographies et d’installations reflétant la disparition de l’Hôpital Saint-Luc et la construction du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), dans le cadre du programme national d’intégration de l’art en architecture.

«Le but est de poser un regard artistique sur la conception du nouveau CHUM dans un projet étalé sur huit ans, précise-t-il. Cette œuvre-processus s’achèvera avec la publication d’un livre à la fin des travaux.»

Mémoire
M. Pocreau travaille de concert avec les architectes et ingénieurs. Il a notamment récupéré des ampoules de l’hôpital Saint-Luc pour ce projet et rien de moins qu’une chambre au complet découpée morceau par morceau.

L’exposition comprend aussi une vidéo, réalisée en collaboration avec la réalisatrice Anna Lupien. «Il s’agit du portrait d’une femme, doyenne des employés de Saint-Luc. Auriette Breton refusait de prendre sa retraite jusqu’à tout récemment», révèle-t-il. Cet effort de mémoire est très important pour l’artiste, qui se questionne sur la manière dont le patrimoine individuel devient collectif et vice-versa, de même que sur l’attachement paradoxal des gens au milieu hospitalier.

«Je suis devenu proche aidant et j’ai réalisé qu’une grande partie de ma vie se passait maintenant à l’hôpital, donc j’ai décidé d’intégrer cette expérience à mon travail. Toutefois, ce n’est pas mon histoire que je raconte», ajoute l’artiste dont la mère atteinte de démence est justement traitée au CHUM.

Parcours
Yann Pocreau est diplômé en histoire de l’art à l’UQAM et possède également une maîtrise en arts visuels et médiatiques. «Mon travail est très orienté sur la photographie», indique celui qui est aussi chargé de cours.

À 37 ans, l’artiste a beaucoup évolué dans le milieu communautaire. Il a été jusqu’en 2014 coordonnateur général du Centre d‘art et de diffusion CLARK, dans le Mile-End, et est, depuis 2013, président de regroupement des centres d’artistes autogérés.

Arrivé à Montréal en 2001 et résident du Plateau-Mont-Royal, il a des œuvres permanentes au métro Jean-Talon ainsi qu’au Quai 5160 de Verdun, où est exposée sa première sculpture publique nommée Archéologie.

M. Pocreau a participé à plusieurs expositions canadiennes, américaines et européennes, notamment au Fresnoy, en France, et à la cinquième Biennale de Sinop, en Turquie.

La conférence-discussion aura lieu samedi 25 novembre à 13h au Centre culturel et communautaire Henri-Lemieux (7644, rue Édouard). Entrée libre.

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