Métro Média - Isabelle Bergeron Rachida M’Faddel, qui vit à LaSalle depuis 17 ans, publie son dernier roman sur la vie des personnes âgées en résidence.

Le troisième âge peut constituer le début d’une toute nouvelle vie. C’est ce que l’auteure laSalloise Rachida M’Faddel souhaite montrer dans son nouveau roman, «Résidence Séquoia», dans lequel des personnes âgées apprennent à se connaître, à s’aimer et à faire face à leurs différences dans une maison de retraite de Villeray.

Comme dans ses ouvrages précédents, Rachida M’Faddel cherche avant tout à réveiller les consciences. Ses personnages, des femmes et des hommes d’origines diverses, partagent leur quotidien, leurs souvenirs et leurs rêves dans la résidence.

«Ils discutent de sujets tels que la Shoah, la situation dans les Favellas, les systèmes de caste en Inde ou encore le port du voile, qu’ils ont eux-mêmes vécus», indique l’auteure. À mesure que les perceptions de chacun se heurtent, qu’il s’agisse de religion, de sexualité ou d’identité, ils apprennent à devenir plus tolérants, à s’accepter.

«L’important, c’est qu’ils sont ensemble, c’est merveilleux de se sentir partie d’un groupe», estime Mme M’Faddel.
La maladie et la mort sont également abordées sur un ton optimiste dans ce livre. «La résidence, ce n’est pas un mouroir, ajoute-t-elle. Certains y découvrent de nouveaux intérêts et même l’amour.»

Inspiration
Journaliste de formation, l’écrivaine se souvient de l’un de ses reportages réalisé lorsqu’elle était dans sa jeune vingtaine. «Je m’étais rendue dans une résidence pour personnes âgées, où j’ai rencontré des gens tellement intéressants et inspirants, cela m’a beaucoup touchée, raconte-t-elle. J’ai réalisé qu’ils avaient été nous, et que nous serons eux.»

Trente ans plus tard, cette expérience est restée ancrée dans son subconscient. «Quand j’ai perdu ma mère, en 2012, l’histoire s’est imposée comme une évidence, révèle Mme M’Faddel avec émotion. Cela aurait été merveilleux de la voir vieillir, elle n’avait que 68 ans.»

L’auteure a, en quelque sorte, retrouvé sa mère dans ses personnages et cette histoire qu’elle a mis six ans à terminer. «Ça m’a aidée à passer à travers le deuil, car je n’étais plus centrée sur moi-même, je ne me lamentais plus», dévoile-t-elle.

Comme un écho à son livre, l’auteure âgée de 55 ans raconte qu’elle a recommencé les études sur le tard, avec une maitrise en littérature française.

Rachida M’Faddel sillonne aujourd’hui la province pour présenter des conférences sur les différents enjeux qu’elle aborde dans ses livres. Elle a notamment parlé de « Résidence Séquia», à la bibliothèque L’Octogone.

Elle réitéra bientôt l’expérience, très bien accueillie par les personnes du troisième âge, dans une séance de signatures dans une résidence de Chicoutimi.

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