Archives TC Média Il existe une grande confusion dans le fait de recycler ou de jeter les ordures, selon Sylvain Ouellet.

Après une demande citoyenne, une conférence «zéro déchet: quelles solutions pour le Plateau ?» sera présentée le 27 novembre à la bibliothèque Mordecai-Richler par Sylvain Ouellet, porte-parole de Projet Montréal en matière d’eau, de développement durable, d’environnement, de grands parcs et d’espaces verts.

M. Ouellet y présentera les solutions en ce qui concerne l’implantation d’un programme zéro déchet et fera un portrait de la situation actuelle au sein de la Ville de Montréal.

Où sont rendus les plans de la Ville pour réduire les matières enfouies ? Selon lui, un «retard énorme» existe dans la construction de deux centres de compostage et de biomécanisation pour résidus alimentaires, prévus depuis plusieurs années. «Cela ne va pas se faire au moins avant 2020», lance-t-il.

De son côté la Ville de Montréal avance que les échéanciers de livraison ont toujours été de 2019.

Deux centres de compostage seront construits dans les arrondissements de St-Laurent et de RDP-PAT, ainsi qu’un centre de biométhanisation et un centre pilote de prétraitement dans Montréal-Est.

Un deuxième centre de biométhanisation sera par la suite construit en 2024, lorsque celui de Montréal-Est approchera de sa pleine capacité.

Philippe Sabourin, relationniste à la Ville de Montréal, avance que cette dernière est «déjà en mode déploiement et collecte des matières organiques pour les huit logements et moins.»

Ce service de collecte n’est, selon lui, pas compromis par la révision de la date d’ouverture des centres de compostages. «La Ville continue le déploiement des collectes des matières organiques, dont le déploiement sera complété en 2019.»

Pour M. Ouellet il existe également des problèmes au niveau de la gestion locale des déchets. «Les gens n’ont plus d’espace pour mettre des bacs, ce qui cause beaucoup de problèmes, notamment à l’intérieur des nouveaux condos.»

Il explique que beaucoup de défis sont reliés aux matières résiduelles et qu’il est nécessaire aujourd’hui de s’adapter. «Il va falloir trouver de nouveaux moyens technologiques, car les déchets changent, la consommation des gens à l’extérieur du foyer aussi.»

Avec de plus en plus d’épiceries sans déchets qui ouvrent dans différents quartiers de Montréal comme Vrac et Bocaux dans Rosemont, LOCO dans Villeray ou encore le café Rico sur le Plateau Mont-Royal, M. Ouellet voit des concepts intéressants s’offrir à la population.

«En changeant notre mode de consommation, on réalise de nouvelles façons de réduire l’enfouissement», ajoute-t-il.

Politiques publiques
De nombreuses décisions peuvent se prendre au niveau des politiques publiques, selon Sylvain Ouellet. «Il faut arrêter de culpabiliser le citoyen, tout ne repose pas sur le consommateur. Les entreprises font du suremballage, il faut des règles.»

Il donne l’exemple de San Francisco qui a aboli les ustensiles en plastiques jetables ainsi que la styromousse.

La France, de son côté, prévoit qu’à partir du 1er janvier 2020 la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables en matière plastique soit interdite, avec sa «loi de transition énergétique pour la croissance verte».

«Ça prend ce genre d’intervention, sinon les choses ne bougent pas, souligne-t-il. Les politiques publiques doivent intervenir pour que ce ne soit pas le produit le moins cher le plus polluant.»

Aussi, Sylvain Ouellet constate une grande confusion dans le fait de recycler. Il est conscient que les gens sont de plus en plus alertes, mais que nombreux se demandent encore quels produits jeter ou recycler. Il essaiera notamment de faire le point avec les citoyens sur ce sujet-là lors de sa conférence.

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