Toujours plus de Shirley

Les Shirley, groupe formé de Raphaëlle Chouinard, Sarah Dion et Lisandre Bourdages, offrent leur deuxième album long, « More Is More ».
Les Shirley, groupe formé de Raphaëlle Chouinard, Sarah Dion et Lisandre Bourdages, offrent leur deuxième album long, « More Is More ». Photo: JF Galipeau

Après avoir offert leur premier album long l’année passée, Les Shirley récidivent avec un nouvel opus tout aussi électrisant, More Is More, coréalisé par la chevronnée Marie-Pierre Arthur.  

« Marie-Pierre, c’était la quatrième Shirley, le cinquième Beatle. Elle est tellement hot », lance en entrevue avec Métro la bassiste du groupe, Sarah Dion, attablée au café Moustache dans La Petite-Patrie.

Depuis ses débuts en 2018, le trio composé de Raphaëlle Chouinard, Lisandre Bourdages et Sarah Dion a embrasé la scène montréalaise alternative grâce à son punk-rock survolté et ses mélodies entraînantes puisant dans la pop. 

More Is More, ce sont 11 chansons déchaînées et jubilatoires teintées de grunge témoignant des premières amours des Shirley, le punk-rock des années 2000. Parfois plus pesante, leur musique s’enrichit même de shoegaze, avec les chansons Hands on the Wheel, véritable trip de guitares et de mur de son, et On and On, qui, par un impétueux crescendo, conclut l’album de façon apothéotique. 

Les Shirley et Marie-Pierre Arthur
L’autrice-compositrice-interprète Marie-Pierre Arthur a coréalisé More Is More des Shirley avec elles. Photo : JF Galipeau

Le luxe du temps  

Si les musiciennes avaient dû se contenter de quatre jours de studio pour enregistrer les chansons de Forever Is Now, elles ont pour More Is More bénéficié d’un luxueux mois en studio, du temps à foison qui les a initiées à une façon nouvelle de créer, raconte Sarah.

Elles ont tiré parti de ce temps pour écrire et composer en studio, « laisser de la place à plein de nouvelles idées et à une nouvelle paire d’oreilles », relate Sarah, faisant référence à l’une des idoles du groupe, Marie-Pierre Arthur, reine de l’indie rock et pop québécois depuis son album homonyme en 2009. 

Un soir où Lisandre avait assuré la première partie d’un concert de la créatrice de Des feux pour voir, les filles se retrouvent au Verre bouteille. Et qui se pointe inopinément à leur table pour jaser? Marie-Pierre Arthur. « Les trois Shirley, on capotait! », se rappelle Sarah.   

Quand est venu le moment d’envisager la réalisation de l’album, elles ont immédiatement pensé à la musicienne hors pair, même si cette dernière avait uniquement réalisé ses propres disques par le passé. « Quand on l’a contactée, elle se sentait imposteure. Voyons, c’est la meilleure musicienne en ville! », s’exclame Sarah. 

Marie-Pierre Arthur, quatrième Shirley 

Selon Sarah Dion, Marie-Pierre Arthur a été d’un apport inestimable aux Shirley, élevant leur son en peaufinant certains contours un peu rêches.

Quand on doutait de quelque chose, elle mettait le doigt sur ce qui accrochait. Elle a les oreilles les plus aiguisées avec lesquelles j’ai travaillé : elle entend tout ce qui est sharp, ce qui est flat, elle nous donne des idées.

Sarah Dion, bassiste des Shirley

La multi-instrumentiste, qui est avant tout batteuse, en plus de jouer de la guitare et de la basse, se souvient de cette fois où, empoignant un tabouret, Marie-Pierre, bassiste aguerrie, est venue s’installer à « deux pieds » d’elle alors qu’elle s’échinait avec les lignes de basse de Cold Turkey. « Elle est l’une des bassistes que j’admire le plus, j’étais intimidée fois mille. Elle m’a donné des cues entre les takes, et on a finalement tripé. »

Sarah souligne les bons soins qu’a prodigués l’autrice de Déposer les armes à Raphaëlle, parolière, guitariste et voix principale des Shirley, se penchant sur la livraison des paroles, le débit et l’emphase sur les mots. « Raph est déjà tellement talentueuse, et avec Marie-Pierre, tout s’est comme raffiné, expose Sarah. Marie-Pierre est allée éplucher sa carapace. » 

Comme sur American Boy, chanson hyper personnelle où la parolière raconte l’unique fois où elle a éprouvé des sentiments envers un gars, un ami californien. « Marie-Pierre l’a coachée au point où sa voix craque d’émotion. Grâce à Marie-Pierre, Raph a pu se rendre jusque-là dans son interprétation. C’était vraiment intense », souffle Sarah, émerveillée. 

Les Shirley
Raphaëlle Chouinard, Sarah Dion et Lisandre Bourdages, les trois complices des Shirley. Photo : JF Galipeau

Trois carrières de front 

Aujourd’hui, les trois prolifiques Shirley mènent chacune une carrière florissante, multipliant bands et projets — une réalité bien commune sur la scène musicale montréalaise. Un rythme exaltant, mais dur par moments, observe Sarah.  

Pour donner une idée, mentionnons que Lisandre et Sarah jouent dans le groupe rock NOBRO. Sarah joue également dans Easy Tiger et accompagne notamment Émile Bilodeau, Calamine et Bermuda. Raphaëlle accompagne aussi cette dernière, en plus de Zoo Baby, Emma Beko et Gazoline. Quant à Lisandre, elle est la percussionniste de Comment Debord et l’on peut aussi la voir sur scène aux côtés de Choses sauvages.  

« On a tellement d’idées, d’énergie, d’ambition, on veut tout faire et c’est stressant », admet Sarah, qui a raté des concerts des Shirley cet été parce qu’elle jouait… avec Daniel Bélanger, notamment à La Noce, où elle était en transe sur scène, devant des spectateur.rice.s qui pleuraient de joie. 

« Mais ce sont des first world problems, parce que ça va tellement bien, relativise la musicienne. Lisandre rate les entrevues cette semaine parce qu’elle est dans le house band de l’ADISQ — parce que c’est la meilleure percussionniste du Québec. » 

Ultimement, dans ce rythme effréné, comment les Shirley préservent-elles les amies derrière les consœurs de travail? Ces dernières années ont brassé, avoue Sarah, mais les trois complices communiquent sans arrêt, conscientes de ne pas être à l’abri de malentendus ou de tensions. Sarah quittera justement l’appartement qu’elle partage avec Raphaëlle dans le Plateau Mont-Royal, afin que les collègues n’empiètent pas trop sur les colocs.

Et Les Shirley, c’est une relation à long terme. « Il faut mettre des boundaries; je déménage au coin de la rue, elles sont minces, mais elles sont là », rigole Sarah.  

Au bénéfice du trio, mais aussi des fans, parce que la fougue des Shirley, on en prendra toujours plus.  

Les Shirley
Les Shirley, à leur local de répétition dans le Plateau Mont-Royal. Photo : JF Galipeau

More Is More 
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