Plusieurs organismes et personnalités tirent la sonnette d’alarme au sujet du bâtiment des sourdes-muettes de la rue Saint-Denis, qu’ils considèrent comme une bâtisse patrimoniale et dont l’avenir est incertain.

Le bâtiment orné d’une coupole situé au 3725 de la rue Saint-Denis à Montréal est imposant, doté d’une richesse patrimoniale architecturale et culturelle, mais il est, selon les propos de Gabriel Deschambault de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal, «comme laissé en friche ».

Ce bâtiment occupé durant plus d’un siècle par les Sœurs de la Providence, qui ont eu un grand impact sur la communauté et ont contribué de façon sensible à l’amélioration de l’accompagnement des personnes sourdes, muettes et aveugles à Montréal aux 19e et 20e siècles, ne parvient pas à être classé au patrimoine historique. Deux demandes ont été envoyées au ministère de la Culture du Québec, pour autant de refus.

Les raisons évoquées? D’autres bâtiments de Montréal auraient un intérêt architectural supérieur, et la reconnaissance des initiatives qui se sont déroulées entre ces murs se situerait plutôt à un niveau local, et non provincial.

Pourtant, la ville de Montréal apparaît elle aussi frileuse dans ce dossier, et à en croire Gabriel Deschambault, le changement récent à l’hôtel de ville ne risque pas de transformer la situation. « Ce sont les fonctionnaires de la ville qui s’occupent de ces dossiers, et contrairement aux personnalités politiques, ils ne changent pas » indique-t-il.

La valeur immobilière d’une telle bâtisse, son emplacement, la possibilité d’en faire des condos et les coûts de rénovation seraient des pistes à suivre pour mieux comprendre les difficultés à faire classer ce bâtiment, sans qu’elles soient avancées de façon officielle.

La mairie d’arrondissement – qui ne dispose pas d’un tel mandat – la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal, la députée Manon Massé; nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour tenter de trouver une issue favorable à cette demande de reconnaissance patrimoniale, qui assurerait la pérennité et la conservation de ce lieu.

Classer ce bâtiment serait, pour ses défenseurs, un moyen de souligner également le patrimoine immatériel du lieu, notamment le travail que les Sœurs de la Providence y ont effectué.

Propriété du gouvernement du Québec, le bâtiment est encore en bon état, mais il a été l’objet ces derniers mois de vandalisme, notamment de graffitis. La sortie de l’impasse ne semble pas imminente.

 

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