Quelques temps après une activité de sensibilisation contre l’intimidation, deux employés d’une école primaire auraient subi une arrestation musclée, devant des élèves qui participaient à une fête, hier soir, dans le Plateau-Mont-Royal .

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Une enseignante, Nadia Lessard et le concierge, Carl Cadieux, de l’école primaire au Pied-de-la-Montagne, pavillon Jean-Jacques-Olier dans Le Plateau-Mont-Royal marchaient, pendant leur pause devant l’école. Selon eux, le concierge aurait interpellé une voiture de patrouille aux fenêtres baissées qui venait de griller un feu rouge, sans gyrophare ni sirène, devant l’école, alors que parents et enfants tentaient de traverser.

« Il lui a dit: « Eille mon chum! T’as passé sur la rouge ». Il est venu à notre hauteur avec sa voiture et lui a répondu: « Qu’est-ce t’as dit mon p’tit criss(sic) de baveux(sic)? » Carl a répété qu’il avait passé sur la rouge. Il a amené son véhicule devant nous pour nous barrer la roue et il est sorti de son véhicule pour venir injurier Carl », raconte l’enseignante de 6e année, Nadia Lessard.

Le jeune homme s’est mis à filmer avec son téléphone, puisque le policier l’aurait martelé du doigt, toujours selon Mme Lessard et M. Cadieux .

«Il ne voulait pas nous donner son matricule et il cognait sur les poignets de Carl pour qu’il lâche son téléphone. J’ai fini par prendre le téléphone et le mettre dans ma sacoche pour ne pas qu’il puisse le confisquer. Le policier a saisi mon ami, l’a lancé sur la voiture et l’a menotté. Il lui serrait fort les poignets. Je protestais, en disant, tu l’as fait ton show(sic) là, tu peux arrêter, en mettant ma main sur son bras », relate Mme Lessard.

Une arrestation musclée de l’enseignante s’en est suivie. Elle a été agrippée par la gorge et aspergée de poivre de cayenne. Nadia Lessard fait ainsi face à une accusation d’entrave au travail des policiers. Son collègue, pour sa part, n’a eu aucune accusation de déposée contre lui, alors que les agents lui auraient mentionné que trois accusations allaient être portées.

L’humiliation

L’enseignante déplore avoir été menottée et exhibée devant les parents et les enfants de l’école qui étaient présents pour la Fête du métier d’élève. Elle souligne que les policiers venaient tout juste de faire de la sensibilisation dans l’établissement contre l’intimidation et la violence.

Selon elle, les enfants de sa classe pleuraient et les jeunes présents, de façon générale étaient paniqués. En plus, il y aurait eu près d’une dizaine de voitures de patrouille devant l’établissement, puisque la policière partenaire de l’agent ayant procédé aux arrestations musclées, aurait appelé des renforts pour un policier prétendument blessé.

« Ça m’a fait paniquer, lorsque j’ai vu autant de véhicules de police devant l’école. J’allais voir l’exposition de ma fille. C’est là que j’ai vu le concierge se faire plaquer sur la voiture, puis l’enseignante être poivrée », raconte un père de famille désirant garder l’anonymat.

Les deux employés de l’école au Pied-de-la-Montagne déposeront une plainte en déontologie policière demain.

« La collègue de ce policier s’est occupée de moi. Elle a été très correcte, comme tous les autres agents auxquels nous avons eu à faire. Je n’ai rien contre la police, de façon générale, mais j’espère que cet agent subira des conséquences pour ses gestes », indique-t-elle.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pas voulu commenter l’affaire pour l’instant. Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, devrait réagir demain à ces allégations.

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