Maxime Châteauneuf, un jeune policier qui vient de se joindre à l’équipe du poste de quartier (PDQ) 37, situé sur l’avenue Laurier dans l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, a vécu une expérience mémorable, lors de sa première journée officielle de travail : il a mis la main au collet d’un criminel de guerre recherché internationalement. Une initiation hors du commun!

Mohamed Ratni, aussi connu sous les pseudonymes Jérôme Breche et Jean Francis Breche, a été arrêté le 29 juin dernier, alors qu’il se trouvait dans un commerce de l’avenue du Mont-Royal. L’homme de 37 ans d’origine algérienne était visé par un mandat de renvoi pancanadien.

« C’est un citoyen dans la rue qui nous a fait un signe, à mon collègue Alexandre Brodeur et moi, pour nous parler. Il nous a dit qu’il avait reconnu le criminel, dont la photo avait été publiée dans les médias l’année précédente. Puisqu’il s’agit d’une information plutôt faible, nous avons fait des vérifications à l’aide de nos téléphones pour retrouver une photo ou le nom du suspect, afin de l’identifier et d’appuyer notre intervention », raconte le jeune homme de 25 ans, récemment diplômé de l’École nationale de police du Québec.

Malgré le caractère inhabituel de cette intervention, le constable Châteauneuf soutient néanmoins avoir accordé de la crédibilité au témoignage du passant.

« Au départ, on n’était pas sûrs à 100%. C’est pour cette raison qu’on a pris le temps de vérifier les informations. Mais lorsque quelqu’un prend la peine de nous arrêter pour nous parler, c’est parce qu’il est pas mal certain de ce qu’il avance. On n’a pas pensé que c’était un canular », indique-t-il.

Selon la commandante du poste, Line Blanchard, l’arrestation s’est bien déroulée.

« C’est une arrestation particulière. En 22 ans de métier, des criminels de guerre, je n’en ai jamais arrêtés! Malgré tout, ç’a s’est bien déroulé. Ç’a été une arrestation somme toute facile, étant donné les circonstances. Quand les policiers l’ont abordé, le suspect a simplement répondu qu’il s’agissait de son dernier souffle au Canada », mentionne-t-elle.

Fierté

En entrevue téléphonique, la voix du constable Châteauneuf est marquée de fierté et d’humilité.

« Une première arrestation, c’est toujours quelque chose d’assez excitant. C’est nouveau. Mais une arrestation comme ça, c’est un peu plus gros qu’à l’habitude. J’étais donc nerveux.

« Chaque arrestation est importante. Mais celle-là est particulière. Tout au long de ma formation, les gens me disaient que je me rappellerais toujours de ma première journée de travail. J’étais excité d’avoir un aussi gros cas, pour débuter ma carrière. Je trouve que c’est une belle anecdote à conter à ma famille et mes amis », confie-t-il.

La nouvelle a également rapidement fait le tour du poste, où ses collègues n’hésitent pas à taquiner la recrue.

Mandat de renvoi pancanadien

Après avoir été intercepté par les policiers, M. Ratni a été livré à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), pour son renvoi.

Du côté du Service de police de la Ville de Montréal, on dit ignorer la nature des accusations portées contre M. Ratni, ces informations ne leur étant pas divulguées.

Questionnée à ce sujet, l’ASFC n’a pas retourné notre appel. Dans un communiqué, elle indique seulement que « Ratni est interdit de territoire au Canada; il a été établi qu’il a violé des droits humains ou internationaux en vertu de la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre ou de la loi internationale ».

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