Dès le 6 juillet, de nouvelles zones de vignettes de stationnement seront implantées dans l’est de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal. Cette décision ne plait pas aux résidents du secteur. Plusieurs se sont présentés à la dernière séance du conseil d’arrondissement tenue le 4 juin pour exprimer leur mécontentement.

Au total, 14 personnes se sont présentées au micro pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « taxe déguisée ».

Nathalie Lamontagne, une citoyenne, a déposé une pétition de 250 signatures, dénonçant l’absence de consultation citoyenne lors de l’implantation de vignettes.

« Il s’agit d’une taxe qui s’adresse à une certaine catégorie de citoyens. Si on décidait de la boycotter et de ne pas la prendre, vous seriez dans le trouble! Considérant que cette mesure est appliquée unilatéralement, sans consultation publique, considérant aussi que le coût de la vignette (140 $) est discriminatoire lorsque l’on compare aux autres arrondissements où le coût est moins élevé, on demande d’annuler la décision d’implanter les vignettes et d’adopter une approche semblable à celle de Rosemont – La Petite-Patrie où des vignettes ne sont implantées que si les citoyens sont majoritairement favorables », a-t-elle demandé.

Pour sa part, Georges Théberge, un autre résident a fait valoir que l’aménagement de ruelles vertes et que la construction de nouveaux condos font en sorte d’augmenter la demande de stationnement sur rue. Il estime que l’implantation de vignettes ne pénaliserait pas des automobilistes venus de l’extérieur, mais bien des gens qui habitent le quartier.

D’autres ont demandé à ce que l’argent généré par l’implantation des vignettes soit investi pour sécuriser et nettoyer leur secteur, et non l’arrondissement complet, faisant valoir que les rues Fontenac et de Lorimier étaient laissées pour compte.

« Ma qualité de vie, j’aimerais savoir comment elle va être améliorée, à court, à moyen et à long terme. Chez nous, sur la rue Frontenac, on trouve des seringues souillées, du vandalisme, etc. Je veux connaître les réalisations concrètes qui sont prévues », a questionné Isabelle Comtois.

Pauline Legros, qui habite la rue Fullum, où les vignettes ne seront pas implantées, craint que les gens des alentours viennent s’y stationner.

« On a déjà notre karma avec les autobus 94 et 97 qui passent sur Fullum. On est très inquiets », fait-elle valoir.

Pas question de revenir sur cette décision

Après les diverses interventions des citoyens, le maire de l’arrondissement Luc Ferrandez a demandé une pause afin d’aller chercher les informations nécessaires pour formuler sa réponse.

« Je n’enlèverai pas les vignettes et je vais vous expliquer pourquoi. C’est une contrainte douloureuse, c’est quelque chose que l’on impose et qui n’est pas vraiment démocratique, mais il y a le principe de relative équité derrière ça.

« Sur le Plateau, il y a 50 % de gens qui n’ont pas de voiture. Ces gens-là ont souvent moins d’argent que ceux qui en ont une. On a donc fait le choix d’aller chercher plus d’argent auprès des propriétaires de voiture, parce qu’ils sont plus riches et ils coûtent plus cher à l’arrondissement. C’est une taxe qui tente de combler des dépenses », a justifié M. Ferrandez.

Le maire a également fait valoir que le coût de la vignette représente environ la moitié du prix que paie l’arrondissement pour l’entretien du stationnement sur rue.

« Implanter une taxe spéciale aurait voulu dire que l’on charge tout le monde pour un service utilisé par les plus riches. La vignette revient environ à 12 $ par mois. Vous en avez beaucoup de choses qui coûtent 12 $ par mois sur votre voiture (entretien, essence, etc.)? C’est sûr que c’est plus cher que si on la compare à d’autres quartiers. Mais si on compare, il faut tout comparer. Votre maison vaut plus cher qu’ailleurs. Je n’aurais jamais implanté cette mesure dans Hochelaga-Maisonneuve », a-t-il conclu, rappelant que les rues autour du parc Baldwin n’auront pas de vignettes.

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