Romain Schué/TC Media Les organisateurs et intervenants de Hoodstock évoqueront de nombreux thèmes lors de ce sommet.

Créé après la mort de Fredy Villanueva en août 2008, Hoodstock reprend du service, samedi à Montréal-Nord, pour une troisième année. Quelques mois après le décès de Bony Jean-Pierre, les organisateurs veulent privilégier le dialogue et espèrent une prise de conscience collective.

L’endroit est symbolique. Samedi, au parc Henri-Bourassa, endroit même où Fredy Villanueva a perdu la vie près de huit ans jour pour jour. Hoodstock «veut faire changer les choses», explique Will Prosper, l’un des organisateurs de ce sommet.

Alors que des messages de sympathie pour le jeune défunt sont toujours visibles sur le sol, traces d’un moment de recueillement qui s’est déroulé mardi soir, le porte-parole de Montréal-Nord Republik affiche ses objectifs.

«En 2009 et 2010 (dates des deux premiers événements), on avait demandé un bureau d’enquête indépendant qui vient enfin d’être mis sur pied. On avait mis la lumière sur le profilage racial et tout le monde en a parlé. Hoodstock a eu un impact sur les consciences populaires», détaille M. Prosper.

«Mais, malheureusement, on l’a vu avec la mort de Bony Jean-Pierre, tout n’a pas changé, reprend-il. On souhaite la création d’une commission sur le racisme systémique et une grande participation citoyenne pour que les choses évoluent.»

«Il faut que l’on se lève»
Alors que de nombreux intervenants sont attendus le 13 août, «il faut que l’on se lève, car beaucoup restent silencieux», clame Jonathan Duguay, intervenant auprès d’Un itinéraire pour tous, l’organisme responsable de l’événement.

«On vit dans le secteur le plus pauvre du Canada et la nouvelle jeunesse veut s’exprimer, assure-t-il. Il faut que l’on lui donne un espace pour dire ce qu’elle a sur le cœur. Plus elle le garde, plus la colère monte. Ce sera historique.»

«Un grand sentiment d’injustice»
Originaire de Sarcelles en banlieue parisienne et déjà présente en 2009, l’activiste française Fatima Idhamou constate beaucoup de similitudes entre «les quartiers populaires en France et Montréal-Nord.»

«On partage les mêmes combats. Il y a plein de fantasmes. On a créé un imaginaire autour de ces secteurs où règne un grand sentiment d’injustice, développe-t-elle. Grâce à ces initiatives comme Hoodstock, on peut expliquer, rendre audible des situations et des problématiques au plus grand nombre.»

Plus de quatre mois après le décès de Bony Jean-Pierre et les débordements qui ont suivi, Will Prosper veut «sortir Montréal-Nord de l’invisibilité.»

«On parle toujours des choses négatives. Ce sommet, on aurait pu le faire au centre-ville, mais c’est important d’aller là où les gens sont touchés. La majorité des injustices sociales se vit en périphérie. Beaucoup de personnes, hommes politiques aussi, ont mis Montréal-Nord de côté, ont pris l’arrondissement pour acquis. J’espère que cet événement international le mettra sur la carte.»


Le programme

Samedi, dès 10h et durant toute la journée, de multiples représentants d’organismes de la province, des chercheurs, des militants, des activistes venus de France et des États-Unis, mais également des représentants du mouvement américain Black Lives Matter prendront la parole.

Différents thèmes seront abordés, tels les problématiques de logement, l’économie sociale, l’islamophobie, la santé mentale, le féminisme noir et musulman ou encore l’austérité.

À partir de 20h30, différents groupes de musique animeront la soirée. Food Gang, Dramatik ou encore Moysés seront présents.

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