Leslie Meuraillon-TC Media Isabelle Alexandre d'Entre-Parents et Roger Petit-Frère du Centre Jean-Paul-Lemay, travaillent à chercher des financements pour le RIIOH.

Plusieurs organismes de Montréal-Nord se sont réunis pour aider les demandeurs d’asile récemment arrivés au Québec. Vulnérables, ces familles doivent être prises en charge rapidement, pour commencer leur intégration à la société.

«Je n’ai jamais vu de camp de réfugiés, mais je suppose que ça y ressemble. C’est un grand espace avec des lits, il y a peut-être trois douches pour tout le monde», décrit Isabelle Alexandre, directrice de l’organisme Entre-Parents de Montréal-Nord, à propos de sa visite au centre d’accueil des demandeurs d’asile de Boscoville.

«Quand nous sommes allés là-bas, nous avons vu l’urgence sociale. Il y a près de 175 personnes sur place. La majorité est faite de familles haïtiennes», poursuit la directrice.

Son organisme a été désigné «porte d’entrée» du Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) de Montréal-Nord, dont la mission est de «soutenir l’installation et l’intégration des nouveaux réfugiés».

Un parcours long et fastidieux
Pour répondre à la demande grandissante des migrants, Entre-Parents a dû mettre ses dossiers courants de côté.

«Nous faisons la liaison avec les différents organismes du RIIOH, qui ont chacun leur domaine d’action, pour une intégration réussie des immigrants», explique Mme Alexandre.

L’objectif numéro un des nouveaux arrivants est de trouver un logement. Après avoir été accueillis par la Croix Rouge à la frontière, les immigrants sont hébergés dans différents centres, comme Boscoville, où ils sont pris en charge par le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA). Ce service va notamment les aider à obtenir un statut légal et leur donner un chèque d’aide sociale, qui oscille entre 600 et 800$ selon les familles. Une fois leur chèque reçu, elles ont une semaine pour trouver un logement.

«Si tu es mal reçu, tu te replies sur toi-même et restes avec tes pairs. Nous avons tous une coresponsabilité dans l’accueil des migrants pour qu’ils s’intègrent et développent leurs pleines capacités», Isabelle Alexandre, directrice d’Entre-Parents Montréal-Nord

Une démarche propre à chacun
«Il faut agir vite et bien. Ces familles vont vulnérables. Il y a des arnaqueurs partout qui tentent de profiter d’eux», confie Isabelle Alexandre.

Les immigrés récemment arrivés à Montréal sont majoritairement haïtiens, mais il y a aussi des personnes originaires du Maghreb, de l’Afrique, du Sri Lanka, du Pakistan… Certaines personnes sont sans ressources, d’autres connaissent du monde sur place.

«Les familles ne sont pas forcément des gens pas éduqués. En ce moment j’aide un informaticien et sa femme est enseignante. La population arrivante n’est pas homogène, chaque besoin est différent», précise Mme Alexandre.

Après le logement, les immigrants seront soutenus dans leur démarche d’ameublement, dans leur régularisation, la recherche d’un emploi ou encore l’inscription des enfants à l’école.

Pour mener à bien sa mission, le RIIOH souhaite créer une cellule qui s’occuperait uniquement de l’accueil des immigrants et réfugiés. Elle pourrait exister pendant un minimum de trois ans, afin d’accompagner les nouveaux arrivants dont les démarches d’intégration peuvent prendre jusqu’à sept années.

Une expertise propre à Montréal-Nord
Le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne de Montréal-Nord (RIIOH) réunit de nombreuses instances de l’arrondissement qui contribuent tous à faciliter l’intégration de nouveaux arrivants. On y trouve notamment la SHAPEM, la ROMEL, le Centre communautaire multiethnique, le Centre Action Bénévole, le CJE Bourassa-Sauvé, Impulsion Travail, le Centre Jean-Paul-Lemay et la Maison Sam X.Le RIIOH jouit d’une expertise, accumulée depuis 2010 avec le séisme en Haïti, et d’une localisation idéale puisqu’à Montréal-Nord, «le logement est peu cher, il y a tous les commerces nécessaires, il y a des gens qui parlent votre langue et un fort soutien du milieu», observe Roger Petit-Frère, directeur du Centre Jean-Paul-Lemay, co-fondateur du RIIOH.

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