Nicolas Ledain / Guide de Montréal-Nord Fridélaine Philippé et Alphonsine Bilé ont bénéficié de ce programme et du suivi par l'organisme Impulsion-Travail.

Dix Nord-Montréalais éloignés du marché du travail ont bénéficié d’un programme inédit d’intégration professionnelle dans le secteur de la couture. À l’issue des trois mois de formation, neuf d’entre eux ont été engagés par les entreprises partenaires.

Sourires aux lèvres, Fridélaine Philippé et Alphonsine Bilé racontent fièrement les trois mois qu’elles viennent de vivre. Arrivées au Canada il y a un peu plus d’un an en provenance d’Haïti et de Côte d’Ivoire, ces deux femmes se sont longtemps heurtées à des difficultés pour rentrer sur le marché du travail.

«Ça va faire un an que je suis ici. Les neuf premiers mois, je restais seulement à la maison parce que je n’arrivais pas à trouver du travail. Maintenant que j’ai appris à utiliser les machines, je suis enfin indépendante», se réjouit Fridélaine Philippé.

Grâce au programme mis sur pied par l’organisme Impulsion-Travail qui est basé à Montréal-Nord, dix personnes de plus de 30 ans, sans emploi, sans expérience et éloignées du marché du travail ont pu bénéficier d’un accompagnement privilégié vers un métier d’opérateur de machines à coudre industrielles.

L’objectif était d’offrir une évolution progressive avec tous les partenaires engagés dans cette démarche. Après une aide à la réalisation de leur CV, les dix participants ont appris les compétences de base de la couture au sein du centre Vestechpro qui est installé au Cégep Marie-Victorin. Ils ont ensuite été graduellement formés aux spécialités de six entreprises textiles de l’est de Montréal où ils ont finalement passé quatre semaines à temps plein. À l’issue de ces trois mois, neuf des dix participants ont été conservés par leurs employeurs. Une seule participante a fait le choix d’abandonner en cours du programme.

«Le parcours de chacun est très émouvant parce qu’ils ont mis beaucoup de temps et d’efforts pour finir la formation qui était exigeante», se félicite David Legris, conseiller en emploi chez Impulsion-Travail.

Tout au long de ce programme, un suivi personnalisé a aussi été offert par l’organisme pour s’assurer que tout se passait bien à la fois dans l’entreprise, mais aussi dans la vie quotidienne.

«On s’est rendu compte que c’était essentiel. Que ce soit à la maison, avec la santé ou les services de garde, ces gens ont besoin de soutien et pas uniquement en entreprise», poursuit le conseiller.

À écouter les participants, ce programme individualisé a été un atout majeur dans leur évolution.

«Quand on arrive ici, on perd tous nos repères, je ne pouvais même pas participer financièrement dans mon foyer. Ça nous aide à nous intégrer plutôt que de rester au bien-être social. Je me sens bien de travailler pour le pays et je suis contente de payer des taxes», lance Alphonsine Bilé.

Un programme à étendre
La formation dispensée au Cégep Marie-Victorin a de plus été récompensée par un diplôme reconnu au niveau national. Ce document est une source de fierté immense pour les participants, qui sont à 80 % issus de l’immigration.

«J’ai un diplôme canadien, moi qui viens de l’Afrique de l’Ouest. Quand j’ai dit ça à mon frère, il m’a dit que j’avais décroché le jackpot. Cette formation était un cadeau pour moi», souligne Alphonsine Bilé.

«Maintenant j’ai une profession. J’avais postulé dans l’entreprise où je suis et il ne m’avait jamais rappelée. Grâce à la formation et au diplôme, j’ai été prise», ajoute Fridélaine Philippé.

Reconnaissantes et fières de leur expérience, les deux femmes plaident pour que ce programme soit étendu «dans tout le Canada et à tous les domaines». Impulsion-Travail étudie déjà des pistes en ce sens.

«C’est un projet qui répond à une pénurie de main-d’œuvre pour assurer la relève de certains métiers. Ça a été un succès et on souhaite en faire d’autres dans ce genre. On regarde déjà pour d’autres secteurs», indique David Legris.

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