Archives Métro Média Photo prise en décembre 2016. À ce moment, Régine Laurent, présidente de la FIQ, Christine Black, mairesse de Montréal-Nord, et Amélie Daigle, directrice de Parole d'excluEs, disaient espérer une ouverture de la clinique de proximité au printemps 2017.

Dans les cordes depuis 2015, le projet d’une clinique de proximité à Montréal-Nord semble actuellement au neutre, faute d’appui financier et d’engagement gouvernemental. Plusieurs acteurs locaux disent toutefois garder espoir que l’initiative ne sera pas remise aux calendes grecques.

Portée par l’organisme Paroles d’ExcluES, la clinique doit pallier le manque d’accès aux soins de santé dans le nord-est de l’arrondissement, qualifié de désert médical. Les porteurs du projet envisagent de créer un établissement médical accessible, inclusif, et ouvert à tous.

Initialement, la clinique qui bénéficie du soutien de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) devait ouvrir ses portes au printemps 2017.

Or, l’initiative semble stagner. Récemment, c’est Veronica Torres, médecin responsable du projet, qui quittait ses fonctions, ayant décroché un poste au sein d’un autre organisme.

«La clinique ne va pas disparaitre du jour au lendemain pour autant, rassure Maya Sakkal, chargée de communication pour Paroles d’ExcluES. Nous sommes présentement en train de revoir notre vision du projet, et nous pourrons nous prononcer plus précisément sur le sujet au début de l’année 2019.»

Soutenue financièrement par la FIQ et l’arrondissement de Montréal-Nord, la clinique s’était heurtée à quelques obstacles, notamment au refus catégorique du ministre de la Santé de l’époque Gaétan Barrette de soutenir le projet.

«Il avait sans doute ses raisons, soutient sa collègue libérale, Paule Robitaille, nouvellement élue députée de la circonscription Bourassa-Sauvé. De mon côté, j’ai dit à Paroles d’ExcluES de m’établir un plan d’attaque, car c’est encore un peu flou. Dès qu’un plan clair sera défini, je serai en mesure de faire le nécessaire à l’Assemblée nationale.»

Bien qu’elle soit en attente de certaines précisions, elle voit déjà le projet d’un bon œil.

«Le nord-est de l’arrondissement est l’un des secteurs les plus défavorisés de Montréal, et il y a des besoins importants. La clinique pourrait donner un gros coup de main.»

Pour l’heure, le site de la future clinique se situe toujours rue Lapierre, dans un local loué gratuitement par la Société d’habitation populaire de l’est de Montréal (SHAPEM).

«Ce projet a une pertinence énorme, car il répond à un besoin réel dans le secteur, explique Jean-Pierre Racette, directeur général de la SHAPEM. Nous avons encore beaucoup d’espoir pour la clinique. Tant qu’il y aura de l’espoir, nous fournirons le local.»

Annoncée depuis 2015, la clinique de proximité promet d’offrir de multiples services, tels que l’évaluation de l’état de santé, le suivi des grossesses, la prise en charge de nombreux résidents sans médecin de famille ou encore le suivi des personnes atteintes d’un problème de santé mentale ou d’une maladie chronique.

Pour montrer que le projet avance, plusieurs activités ont été initiées au sein du local rue Lapierre. Au cours de l’été 2018, des ateliers gratuits proposant des thématiques liées à la santé avaient été mis en place. Quelques mois auparavant, c’est une clinique d’un jour qui s’installait dans le local, où les infirmières accueillaient les patients l’espace d’une journée.

De son côté, Paroles d’ExcluES a lancé il y a un an une pétition pour demander au gouvernement du Québec de fournir les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre de la clinique. L’organisme a depuis recueilli près de 2000 signatures.

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