Luce Richard, qui habite l’avenue Saint-Julien, juste en face du pont d’étagement du carrefour Henri-Bourassa-Pie-IX, avait un air résigné quand nous sommes passés voir l’état de la circulation en pleine heure de pointe, jeudi.

La dame, qui habite le même appartement depuis cinq ans, dit avoir envie de déménager vu les inconvénients qu’elle endure depuis plusieurs mois. Elle affirme s’être foulé une cheville alors que sa rue était excavée, il y a quelques semaines, à un moment où elle et ses voisins devaient être accompagnés par des signaleurs routiers pour se sortir du chantier qui les entourait, chaque fois qu’ils sortaient de chez eux. Si elle s’en est remise, ce qui lui rend la vie dure aujourd’hui, avec l’intensification des travaux, c’est tout simplement… rentrer chez elle.

« Auparavant, il me fallait dix minutes pour aller ou revenir du travail. Ce soir, ça m’a pris 45 minutes », dit-elle, l’air fatigué. Mme Richard travaille dans le quartier voisin, Saint-Michel, et le simple fait de voir le temps nécessaire pour se rendre et revenir du travail être triplé lui a fait perdre le sourire. « J’ai vraiment envie de partir d’ici, mais en même temps ça représenterait beaucoup de frais, et en plus je n’en suis qu’à trois ans de ma retraite…»

Devant son appartement, avec comme trame sonore les centaines d’automobilistes impatients dont plusieurs klaxonnent dans le bouchon de circulation sur le boulevard Pie-IX, elle ajoute avoir baissé les bras pour ce qui est de nettoyer quotidiennement sa résidence dans laquelle la poussière noire s’accumule au fil des excavations et des émanations de fumée d’échappement.  « Au début, je m’y mettais chaque jour au retour du travail, mais j’ai abandonné. »  

Si la circulation automobile, une simple marche à pied ou la vie de tous les jours est perturbée de façon importante pour les résidents qui habitent aux abords du chantier, ceux qui ne font que passer – pour retourner à Laval ou rentrer à Montréal — voient aussi leur patience être mise à rude épreuve. Après le changement de configuration des voies de contournement et le début de la destruction du pont d’étagement, le 6 novembre, les choses se sont corsées pour les automobilistes. Il faut maintenant parfois compter plus d’une heure, en remontant le boulevard Pie-IX vers le nord, pour passer de l’autoroute métropolitaine au pont Pie-IX.

Plusieurs sont tentés d’opter pour les ponts Viau, Papineau ou Médéric-Martin, ce qui déplace le problème et les bouchons. Pour les automobilistes qui désirent éviter ce bourbier, la solution idéale est de se tourner vers le transport en commun. Lors de notre passage, les seuls véhicules qui circulaient avec un semblant d’aisance étaient les autobus filant sur les voies réservées sur les boulevards Pie-IX et Henri-Bourassa. Mais, pour les citoyens qui habitent près du chantier, seule la patience leur permettra d’attendre la fin des travaux prévue en 2014.  

Sacrifices quotidiens

Lors du début de la démolition du pont d’étagement, la semaine dernière, le maire de l’arrondissement de Montréal-Nord a justement tenu à remercier les Montréalais, et plus particulièrement les résidents du secteur de leur patience. « Vivre à proximité d’un chantier, cela implique des sacrifices sur une base quotidienne à nos citoyens et nous en sommes très conscients, mais les retombées positives pour le quartier et pour Montréal sont inestimables. Lorsque l’aménagement du carrefour sera complété, les citoyens pourront constater une amélioration sensible de leur environnement et de leur qualité de vie. Assurément, ce nouveau secteur sera un atout indéniable pour l’arrondissement de Montréal-Nord  », disait alors Gilles Deguire.

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