Le 13 août 1967, Le Petit Journal de Montréal publiait en première page les visages de trois femmes recherchées, dont celui de Monica la Mitraille, alors soupçonnée d’avoir braqué 20 Caisses populaires Desjardins où ils dérobèrent plus de 100 000 $ à la pointe d’une mitraillette.

Le 19 septembre 1967, un peu avant 11 h 15, c’est en compagnie de deux complices que Monica entre, déguisée d’une perruque, dans la Caisse populaire de St-Vital, située au 11117 boulevard St-Vital, à Montréal-Nord. Rapidement, les trois voleurs s’emparent de 3000 $ avant de sortir en vitesse pour s’engouffrer dans une voiture de marque Chrysler.

L’alerte fut apparemment très rapide, car en moins de 30 secondes deux autos-patrouilles arrivaient sur les lieux. Monica appuya sur le champignon et une poursuite s’engagea aussitôt dans les rues du quartier.

Les fuyards empruntèrent d’abord la rue Martial, « pour revenir vers le sud dans la rue London et ont emprunté la rue Fleury jusqu’auboulevard des Récollets. » Des travaux de la voirie freinèrent les braqueurs, qui en profitèrent pour s’arrêter et changer de voiture.  « Mitraillette à la main, Machine-Gun Molly s’est approchée de M. Adrien Tremblay, âgé de 47 ans, un inspecteur de la Voirie de Montréal-Nord. Lui braquant son arme sous le nez, elle est montée dans la voiture, une Camaro »  Monica assomma M. Tremblay après lui avoir pris trois billets de 10 $. Ce dernier a dû être traité à l’hôpital Fleury pour les coups reçus.

L’incident permit aux policiers de gagner du terrain, et « c’est sous un feu nourri des policiers que le trio a poursuivi sa route dans la rue Fleury pour ensuite se diriger vers le sud sur le boulevard Pie IX. » Le journaliste Lucien Rivard estimait à plus de 25 les coups de feu tirés sur les policiers. Des balles trouèrent les autos, mais aucun policier ne fut blessé.  En revanche, un enfant de 11 mois du nom d’Antonio Marinelli fut blessé d’un projectile à la joue lors des échanges survenus sur la rue London. Les fuyards traversèrent « presque toute la ville de Saint-Michel, où la poursuite s’est arrêtée de façon brutale à l’angle du boulevard Pie IX et de la rue Dickens quand l’auto que conduisait Machine-Gun Molly heurta violemment un autobus de la ligne 99 de la CTM. Personne n’a été blessé dans l’autobus. »

Les deux complices de Monica, dont l’un était Gérard Lelièvre, quittèrent l’auto en vitesse, prenant la fuite à pieds. Le véhicule fut encerclé et c’est à travers le pare-brise que Monica aurait braqué un pistolet de calibre .45 sur les policiers. Un policier se servit alors de sa mitraillette pour mettre fin à la scène, l’atteignant d’une balle à la tête et de deux autres aux seins.

L’un des deux fugitifs fut rattrapé et arrêté dans un cabanon. La descente à l’appartement de Monica, situé au 4255, de la rue Garnier, s’effectua le même jour vers 14 h 30. On y retrouva 1100 $ en argent liquide.

Au moment de la mort de Monica, le père de ses enfants, Anthony Smith, se trouvait derrière les barreaux du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.  Pour sa part, Viateur Tessier, un autre amant de la belle braqueuse, purgeait quant à lui une peine de 15 ans pour vol à main armée.

C’est le père de Monica qui se rendit à la morgue pour identifier le corps.

Monica Proietti est née dans le quartier Red Light de Montréal le 25 février 1940, Elle était issue d’une famille pauvre de Montréal d’origine italienne dont plusieurs membres étaient impliqués dans le crime d’une manière ou d’une autre. Sa grand-mère fut condamnée à la prison pour recel et on allégua que celle-ci dirigeait une école du crime pour les enfants du « Red Light », un quartier malfamé de Montréal, aujourd’hui disparu.

À 17 ans, en 1956, Monica Proietti (son vrai nom) épousa Anthony Smith, un gangster écossais âgé de 33 ans, duquel elle eut deux enfants. Smith fut déporté du Canada en 1962, comme il l’avait été des États-Unis quelques années plus tôt. Elle s’amouracha alors du truand connu Viateur Tessier, mais ce dernier fut emprisonné en 1966 pour vol à main armée. Elle s’appelait maintenant « Monique Tessier ». Quant aux surnoms, il y eut aussi « Machine Gun Molly », qui semblait être plus utilisé par La Presse, et, bien entendu, « Monica la Mitraille ».

Les membres de son gang incluaient Gérald Lelièvre et son frère Robert, qui fit la manchette en 1984 lorsqu’il fut tué par la détonation d’une bombe dans un appartement au nord du boulevard de Maisonneuve, entre les rues Guy et Saint-Mathieu, dans le centre-ville de Montréal, en compagnie de trois autres individus. Des soupçons pesaient sur les victimes dans le meurtre de Frank Peter « Dunie » Ryan, le chef du « gang de l’Ouest ».

On décrivait Monica comme ayant une silhouette féminine, mais avec une « énergie d’homme ». Elle a fréquenté l’école Jeanne-Mance sur la rue Montigny, qui en 1967 est devenue le boulevard Maisonneuve.

Elle se baladait apparemment dans le quartier avec un revolver inséré dans son soutien-gorge, sortant l’arme au moindre prétexte pour faire peur aux autres adolescents. À 18 ans, elle aurait déchargé son arme en « direction de son frère, Mario » au cours d’une dispute familiale, le blessant à une jambe. Elle passait apparemment la plupart de ses journées au café St. John’s où elle rencontra les frères Poirier, qu’elle considéra comme ses héros. Ceux-ci étaient des voyous qui « plus tard, devaient être impliqués dans le meurtre de la danseuse Margot Turner. »

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