L’opération patrimoine architectural de Montréal a décerné, en 2006, le Prix émérite du patrimoine Réno-Maître dans la catégorie résidentielle à madame Marie-Agnès Guichard et monsieur Jean-François Béland, propriétaires de la résidence sise au 5080, boulevard Gouin Est. Autrefois, cette bâtisse abritait la première école de la municipalité de Saint-Charles-du-Bas-du-Sault. Cette bâtisse de type québécois rural et d’influence néo-classique américaine du X1Xe siècle, fut construite vers 1890. Son toit à deux versants droits met en valeur la symétrie de ses ouvertures. Un brise-soleil protège sa galerie et ajoute une touche campagnarde. Devenue désuète en 1920, l’école Saint-Charles fut mise à l’encan, à l’exception de la cloche qui est donnée à la desserte Sainte-Gertrude. Au  mois de septembre, Omer Giroux, d’Outremont, achète l’ancienne école pour la somme de 2 375 $. Au fil des ans, les propriétaires qui se sont succédé, ont toujours su garder le cachet de cette première petite école de rang.

L’école Saint-Charles peut être considérée comme une école de rang. Cette école possède plusieurs caractéristiques. La plupart des écoles de rang étaient construites en bois. Un poêle à bois en fonte réchauffait les pièces en hiver. À l’écart, attenante à l’école,  il y avait souvent un hangar ou une remise à bois. À l’époque il n’y avait pas d’électricité. La lumière du jour était de mise.  Lorsque l’institutrice habitait l’une des pièces de l’école, pour s’éclairer, elle se servait d’une lampe à l’huile, au besoin. Jusqu’en 1900, les tables et les sièges des écoliers étaient faits de longs panneaux de bois taillés à la hache et alignés en rangées. Ce n’est qu’au tournant du XXe siècle que sont apparus les pupitres manufacturés.

Selon les témoignages recueillis à Montréal-Nord, pour se rendre à l’école il fallait marcher et, lorsqu’il faisait tempêtes, les écoliers devaient partir tôt. Les garçons et les filles partageaient la même classe, de la première à la septième année. L’institutrice devait être un modèle de dévouement et de vertu. 

Né en 1889 à Snigoll à Clermont, Laure Gaudreault  fut reconnue  comme l’une des plus dignes représentantes des institutrices rurales au début du XXe siècle. Ses études terminées à l’École Normale de Laval, de Québec, elle est devenue institutrice, à l’âge de seize ans, en 1906, à la paroisse des Éboulements, au salaire annuel de 125 $. Quelques années plus tard, elle a enseigné à sa paroisse natale de Clerrmont. En 1920, elle quitte Charlevoix pour le Lac St-Jean et reçoit annuellement 300 $. Puis, elle entreprend une carrière de journaliste au Progrès du Saguenay où elle rédige des chroniques à l’intention de l’enseignante. Elle revient à l’enseignement en 1936. Elle regroupe au sein d’une association, les institutrices rurales du Québec. La fondation a lieu le 2 novembre 1936 et regroupe près de 600 enseignantes. En 1937, elle en est la présidente et se consacre entièrement au développement dela Fédération.Pendantplus de vint ans, elle défendra avec acharnement les droits des institutrices. Elle sera une pionnière du syndicalisme dans le monde de l’enseignement et sera l’une des participantes à la fusion des associations d’enseignants et enseignantes sous le nom de Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec, mieux connu sous le sigle CIC.

En 1961, elle se préoccupe du sort des retraités de l’enseignement et fonde une association de tous les retraités de l’enseignement du Québec, regroupement qui est devenu, en 1977, l’Association des retraités et des retraitées du Québec, mieux connu sous l’acronyme de l’AREQ.

 

Jadis à l’école Saint-Charles

Les commissaires d’écoles demeuraient  responsables de la seule école élémentaire, Saint-Charles. Les élections eurent lieu puis ils engagèrent l’institutrice et ils assumèrent la responsabilité de l’entretien de la petite école de bois. En 1906, les commissaires firent l’achat d’une fournaise afin de chauffer convenablement l’école, une corde de bois, du charbon et des ustensiles. La table, remisée dans le grenier du hangar de l’école, dut être coupée pour servir de bois de chauffage. Pour bien passer l’hiver, l’institutrice, Mademoiselle Henri, mit le 5 septembre, une vache et de la nourriture dans le hangar de l’école ! Le 8 mai 1909, les commissaires demandèrent au président, Hormidas Paquette, de faire creuser un puits afin de fournir de l’eau à l’école. Le 25 juillet 1911, Joseph-Aumand Cadieux fut nommé le nouveau secrétaire-trésorier en remplacement d’Éphrem Corbeil.

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