Patrick Deschamps Les revenus M. Morniroli ne lui permettent pas de payer 200 $ de plus par mois pour conserver son logement.
Un homme de 91 ans qui habite une résidence pour personnes âgées de Montréal-Nord vient de voir sa tranquille routine être bousculée par un avis de hausse de loyer de 240 $.

Ses maigres revenus de pension ne lui permettent pas d’absorber cette hausse, mais les proches d’Henri Morniroli craignent qu’il n’ait pas l’énergie de combattre son propriétaire devant la Régie du logement. « Je ne veux pas partir d’ici. Je m’y suis fait des amis » dit l’homme âgé.

Quand M. Morniroli s’est installé à la résidence pour personnes âgées Les Habitations Pelletier, il a signé un bail de trois ans à 800 $ par mois, avec augmentation prévue de 50 $ par année. L’an dernier, la facture est passée à 950 $. « Il pouvait encore se le permettre, mais de justesse » explique Franka Lobasso, une aidante naturelle qui prend soin de lui.

Puis, la situation a dégénéré quand le résident a commencé à avoir des problèmes de mémoire et de vision et à la suite à deux incidents mineurs lors desquels il s’est perdu dans l’immeuble de six étages, en se rendant à la cafétéria. « À ce moment là, j’ai eu des doutes et des questionnements sur sa santé » explique Jean-Philippe Grossi, directeur général des Habitations Pelletier.

Conflit autour des repas

Le mois dernier, un avis de renouvellement de bail avisant d’une hausse de loyer de 240 $ lui a été signifié, si le droit de prendre des repas était conservé. Dans le cas où M. Morniroli déciderait de ne plus fréquenter la cafétéria, une baisse du coût du loyer de 100 $ lui serait consentie.

Le directeur de la résidence explique que le tarif que payait son locataire est le fruit d’une promotion initiée par d’anciens gestionnaires. « Mes prédécesseurs avaient conclu quelques baux, cinq ou six, dans le cadre d’une promotion et qui comprenaient deux repas par jour » dit-il. Plus tard dans l’entrevue, il justifie l’avis de hausse de loyer de 240 $ en affirmant qu’on ne peut « avoir des prix promotionnels éternellement. »

À ce sujet, Mme Lobasso jure que d’autres locataires ayant le même forfait que son ami ne subiront qu’une hausse de 50 $ cette année. D’ailleurs, les proches de M. Morniroli ont été indignés par cette hausse qu’ils jugent abusive.

Plainte contre la résidence

Les problèmes de vision de M. Morniroli ont poussé Mme Lobasso à être présente chaque fois qu’il prendrait un repas à la cafétéria. Elle prétend qu’on lui aurait demandé d’acheter un coupon repas de 10 $ même si elle ne faisait que l’accompagner. 

Exaspérée par la situation, c’est à ce moment qu’elle a logé une plainte à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (ASSSM). Mais M. Grossi se défend de n’avoir jamais empêché la dame de se rendre à la cafétéria.

« Accompagner les résidents dans la salle à manger, ce n’est pas une chose qui se fait ici. Ce n’est pas un restaurant. Imaginez, je sers plus de 100 personnes midi et soir… C’est aussi une question de gestion de l’hygiène. Mais Mme Lobasso le fait depuis le jour où elle a décidé de le faire, et je lui ai rappelé les règles de la maison par écrit » explique M. Grossi.

Malgré que le processus les effraient, M. Morniroli et Mme Lobasso prévoient refuser la hausse de loyer et éventuellement aller défendre leur position devant la Régie du logement.

« Facile d’abuser des personnes âgées »

Au Comité logement de Montréal-Nord, on se montre peu surpris du cas de M. Morniroli, au sujet duquel un signalement a déjà été fait à l’organisme. « Même 50 $ par année, ça semble une hausse abusive. Ce n’est justifié que s’il y a augmentation réelle des dépenses du propriétaire, s’il y a eu de gros travaux ou une augmentation importante du compte de taxes, dit Jacynthe Morin. On voit régulièrement des cas comme ça dans les résidences pour personnes âgées. C’est un stratagème régulièrement utilisé car elles sont faciles à intimider et on pense qu’elles ne se défendront pas parce qu’elles ont peur. »

 

 

 

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