Photo Jean-Marc Gilbert / TC Media Quelques salons de massage existent à Montréal-Nord, mais ils sont beaucoup moins nombreux qu'ailleurs en ville.

Un an après la promesse du maire de Montréal, Denis Coderre, de s’attaquer aux salons de massage érotique, le Guide s’est rendu dans l’ancienne circonscription fédérale du maire Coderre pour constater l’état de la situation et visiter le Charme Spa, où des faveurs sexuelles sont offertes aux clients.

Rappelons qu’en octobre dernier, le projet de loi C-36 décriminalisant la vente de services sexuels a été adopté à Ottawa. Du côté de la Ville, l’attachée de la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, se fait avare de commentaire puisque «le moment n’est pas venu de discuter publiquement de ce dossier», elle précise toutefois que les discussions se poursuivent entre les différents intervenants pour statuer sur les mesures à prendre pour encadrer ces établissements.

Contrairement à ce qui est observé dans plusieurs arrondissements de la métropole, les salons de massage érotique sont plutôt rares à Montréal-Nord. Les policiers disent n’avoir enregistré aucune plainte au sujet d’établissements offrant des services sexuels au cours des dernières années.

Pourtant, il existe bel et bien au moins un salon offrant toute une gamme de services sexuels.

Salvatore Baiamonte, lieutenant au poste de quartier 39, répertorie une dizaine de commerces qui détiennent un permis pour exploiter un commerce de «soins de beauté» à Montréal-Nord. «De ce nombre, seulement trois sont considérés comme suspects. Quand les policiers ont visité ces endroits, certaines choses n’étaient pas claires, explique-t-il. Mais nos policiers n’ont jamais été témoins d’actes sexuels dans ces trois établissements.»

Les forces de l’ordre ne visitent pas systématiquement tous les endroits jugés suspects à une fréquence régulière. «Mais lorsqu’il y a une plainte, ça devient une priorité», affirme M. Baiamonte, qui cite pour preuve une descente policière effectuée en 2011, dans un salon de massage de Montréal-Nord, qui découlait d’une plainte citoyenne. Le salon en question a alors été fermé.

Une question de localisation
Selon la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), la question des salons de massage érotique est peut-être moins problématique à Montréal-Nord en bonne partie en raison de la situation géographique de l’arrondissement. «Ce n’est pas un quartier central. Souvent, les salons de massage érotique vont s’installer dans des secteurs passants, où beaucoup de gens circulent», indique Éliane Legault-Roy, responsable des communications pour la CLES.

Selon les statistiques de l’organisme, la prostitution à Montréal-Nord représente seulement 1,4% des activités totales de l’industrie du sexe à Montréal. «Nous sommes très loin de ce que l’on retrouve par exemple à Villeray-Saint-Michel ou au centre-ville», analyse Mme Legault-Roy.

En ce qui concerne la promesse faite par le maire Denis Coderre, l’année dernière, de s’attaquer à ces établissements, la CLES a l’intention de formuler des demandes claires et concrètes à la ville au cours des prochains mois, puisque peu de mesures ont été prises depuis l’annonce.

«Ce n’est pas tout de fermer les salons de massage. Il faut aussi que ce soit bien fait, sinon le problème va uniquement se déplacer au lieu de se régler», conclut la responsable des communications.

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