Photo TC Media - Archives Günther Herbet, un autre résident excédé par la situation, avait interpellé les élus sur le sujet lors d'une séance du conseil d'arrondissement.

Se faire réveiller en pleine nuit par le bruit émis par un système de ventilation situé sur le toit d’une école: voilà le quotidien que vivent des résidents de l’avenue Armand-Lavergne, à Montréal-Nord. Plusieurs n’en peuvent plus de supporter le bruit provenant du toit du Centre de formation Calixa-Lavallée, qui dépasse d’ailleurs la limite permise par l’arrondissement.

Excédé par la situation, Günther Herbet s’est présenté au plus récent conseil d’arrondissement pour faire part de son mécontentement.

Les premiers bruits déplaisants ont débuté en 2010. «Au départ, on entendait la ventilation seulement l’été, lors des journées de canicule. C’était supportable.»

Mais la situation s’est détériorée, si bien qu’une pétition de quelques dizaines de noms a été déposée en 2012.

Selon M. Herbet, un inspecteur qui était en place à l’époque aurait fait certaines démarches pour savoir si l’intensité du bruit excédait la limite permise mais les citoyens disent n’avoir jamais obtenu un réel retour de sa part.

De nouvelles représentations ont été faites par les résidents auprès de l’arrondissement en 2013 et en 2014, mais sans succès.

M. Herbet a perdu patience, d’autant plus que la situation est maintenant pire qu’avant.

«Depuis l’automne dernier, c’est systématique. À 3h du matin, je suis réveillé [par le bruit]. C’est un bruit de fond toujours présent, comme si on habitait tout près d’une autoroute», déplore-t-il.

«La commission scolaire pourrait peut-être installer un espèce de muret pour bloquer le son», suggère-t-il.

Selon d’autres résidents rencontrés par Le Guide, l’idée d’ouvrir les fenêtres lors de chaudes journées d’été est tout simplement impensable.

«C’est comme si on entendait un moteur d’avion en permanence», illustre Normand Jetté, un voisin de M. Herbet.

Pas question non plus de dîner ou de souper sur le patio. «Ce n’est pas agréable de manger dehors. Il faut parler très fort pour s’entendre», dénonce-t-il.

«Maintenant qu’un test de bruit confirme que le nombre de décibels est trop élevé, j’espère que ça va faire bouger les choses», ajoute le citoyen.

Au-delà de la limite
La composition géographique du secteur fait en sorte que les résidences qui sont situées sur la rue Armand-Lavergne se trouvent à la même hauteur que le toit de l’école.

De la cour arrière de ces résidences, on voit le bâtiment du centre de formation Calixa-Lavallée, entre les arbres.

À la suite d’une plainte déposée par M. Herbet au début du mois de mai, une inspectrice de l’arrondissement s’est rendue sur place à trois reprises, pour effectuer des tests. Lors des deux premières visites, le bruit de la ventilation ne se faisait pas entendre. Lors de sa troisième visite, le bruit était très audible. Le test révèle que le bruit «dépassait les normes», affirme l’arrondissement.

Rappelons que la règlementation stipule qu’il est interdit d’émettre un bruit d’une intensité supérieure à 60 dBA entre 7h et 19h. Entre 19h et 22h, cette mesure ne doit pas dépasser 55 dBA et la limite, entre 22h et 7h, est de 50 dBA.

L’arrondissement n’est toutefois pas en mesure de dire le nombre de décibels enregistrés lors du test.

«Une lettre a été acheminée à la commission scolaire le 27 mai. Nous avons été informés que la situation a été corrigée, mais selon des citoyens, c’est toujours bruyant», a indiqué Michel Lemay, responsable des communications pour l’arrondissement.

La commission scolaire «au travail»
Puisque l’équipement se trouve sur le toit d’un établissement scolaire, c’est donc la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ) qui doit poser des actions pour corriger la situation de façon permanente.

«Il y a eu une première intervention la semaine dernière [semaine du 1er juin], mais visiblement, ça ne satisfait pas les citoyens. Nous allons donc y retourner la semaine prochaine [semaine du 15 juin], avec un inspecteur de la ville, pour savoir ce qui peut être fait», explique Christiane St-Onge, directrice des communications à la CSPÎ.

Elle n’était toutefois pas en mesure de dire les solutions qui pourraient être envisagées pour régler ce problème. Il sera possible d’en savoir plus au terme de la rencontre prévue.

Le directeur de l’école secondaire Calixa-Lavallée n’a pas retourné nos appels.

Ce qu’ils ont dit

– «On n’entend pas le bruit dans le jour, mais on l’entend la nuit. Je dois m’endormir avec la télé en raison du bourdonnement» -Amel Khebchi, une résidente
– «Même si toutes les fenêtres sont fermées, durant l’hiver par exemple, on entend le bruit» -Abdelkader Oumansour, un résident
– «On l’entend plus depuis le printemps. Ce n’est pas agréable d’être dans notre cour arrière» -Karine Santo, une résidente
– «C’est un bruit très dérangeant. Ça me réveille la nuit» -Fernando Echeverry, un résident

Exemples de l’échelle des niveaux sonores

– Respiration normale: 10 dBA
– Conversation à voix basse: 30 dBA
– Réfrigérateur: 40 dBA
– Conversation normale: 55-60 dBA
– Lave-vaisselle, sèche-cheveux: 70 dBA
– Nombreuses usines, camion diesel, trafic urbain, aspirateur: 80-85 dBA
– Scie mécanique, marteau piqueur: 110 dBA
– Avion à réaction: 140 dBA

Source: Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

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