Photo TC Media - Jean-Marc Gilbert Sarah Darnaudet de Parole d'ExcluEs, Gaëtan Cirefice, directeur général de la coop et Louise Gingras du CIUSSS du Nord-de-l'Île.

Le comité de suivi en sécurité alimentaire (CSSA) a de grandes ambitions pour lutter contre la faim, non seulement à Montréal-Nord, mais partout dans la métropole. Les nombreux partenaires travaillent à la création un nouveau système alimentaire pour tous, qui passe par la mise en service d’une coopérative, en novembre prochain.

Les gens sélectionneront les produits qu’ils veulent. Ils rempliront leur commande sur place ou en ligne. Les commandes seront ensuite compilées et envoyées. Une fois les produits arrivés, ils seront livrés aux différents points de chute existants et les gens peuvent venir récupérer leur commande. Un cycle complet dure environ 14 jours.

Là où la coopérative se différencie des autres, c’est qu’elle s’imbrique dans un grand système de production locale.

«Ce n’est pas seulement une coop. La coop est le noyau dur du système que nous voulons créer. Mais toutes les autres parties du système, que ce soit la transformation, le marché de quartier ou l’agriculture urbaine doivent fonctionner pour que ça forme un tout», explique Louise Gingras, organisatrice communautaire au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Besoins criants
C’est à Montréal-Nord que s’ancrera cette nouvelle coopérative de solidarité et de distribution alimentaire, puisque les besoins sont particulièrement criants.

En plus d’être aux prises avec un problème de pauvreté, certains secteurs de Montréal-Nord sont des déserts alimentaires, c’est-à-dire une zone où un résident n’a pas accès à un commerce vendant des fruits ou des légumes frais à moins de 500 mètres de marche.

Selon une récente étude, plus du tiers des Nord-Montréalais (38 %) vivent dans un désert alimentaire.

De plus, 45 % des ménages subsistent avec moins de 30 000 $ par année, tandis que le coût mensuel moyen pour nourrir une famille de quatre personnes est de 996 $.

«Même s’il y avait une épicerie à proximité de leur domicile, certaines familles de Montréal-Nord n’auraient pas suffisamment d’argent pour acheter les produits», constate Mme Gingras.

Passer à l’action
Devant ces constats, il y a donc urgence d’agir. C’est pourquoi la coopérative a été fondée en novembre dernier par cinq organisations de l’arrondissement: l’Accorderie de Montréal-Nord, le Centre des femmes interculturel Claire, le Centre de la petite enfance de Montréal-Nord, Entre Parents et Parole d’excluEs.

Le directeur général de la coop, Gaëtan Cirefice, est déjà en place depuis quelques mois.

Après avoir fondé et administré trois coopératives ailleurs à Montréal, au cours des dix dernières années, il a sauté sur l’occasion.

«Le projet m’a tout de suite intéressé parce que l’accès à une alimentation saine et abordable est un droit fondamental», dit-il.

La coop poursuit son processus de démarrage en attendant des réponses pour certaines subventions et devrait démarrer ses activités en novembre.

«Dès le départ, nous aurons une dizaine de points de chute. Ensuite, grâce au bouche-à-oreille, chaque groupe de cinq citoyens pourra créer son propre point de chute», explique M. Cirefice.

En retour d’accès aux aliments, les membres de la coopérative devront donner trois heures de leur temps, tous les mois, pour aider au bon fonctionnement de la coop, ce qui assure ainsi une plus grande mobilisation.

Notons que l’organisme Parole d’excluEs agit à titre de maître d’œuvre du projet.

D’autres arrondissements approchés
Une fois que la coop sera bien implantée et autosuffisante à Montréal-Nord, d’autres arrondissements, à commencer par ceux de l’est de l’île, pourraient s’y joindre.

Les arrondissements de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, d’Ahuntsic-Cartierville, de Saint-Laurent et d’Anjou ont déjà été approchés.

Éventuellement, la coop souhaite desservir la métropole en entier.

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