Photo TC Media - Jean-Marc Gilbert Les trois chatons étaient mal en point lorsque M. Onsow les a trouvés dans une boîte de carton, devant son commerce, mercredi matin.

En pleine canicule, une chatte et ses trois chatons d’à peine quatre jours ont été abandonnés sous un soleil de plomb devant une animalerie de Montréal-Nord et découverts dans un piteux état par le propriétaire du commerce, mercredi matin.

Guillaume Onsow, le propriétaire de l’animalerie Guil et Lumy était stupéfait lorsqu’il est arrivé à son commerce du boulevard Léger, peu avant 8h30.

Une boîte en carton était posée devant la porte de son animalerie.

«À donner: Éclipse, chatte de 11 ans et ses trois chatons de quatre jours. Cause: interdit aux animaux [dans] nouvel appartement [et] enfants asthmatiques» était-il écrit sur la boîte.

À l’intérieur, M. Onsow n’a trouvé que les chatons, plutôt mal en point. «La chatte a sans doute suffoqué et s’est sauvée», raconte le commerçant.

«Je ne sais même pas s’ils [les chatons] vont survivre. J’ai contacté une vétérinaire qui m’a donné une recette pour un liquide que je dois leur donner à toutes les trois ou quatre heures. Je vais devoir les traîner avec moi en tout temps», explique-t-il.

Pas la première fois
M. Onsow exploite son animalerie depuis sept ans. Il a souvent été confronté à des cas semblables.

«Je n’ai pas assez de doigts sur mes deux mains pour compter le nombre de fois que des animaux ont été abandonnés devant mon animalerie», dénonce-t-il. «C’est de la cruauté. De l’imbécilité pure et simple.»

Selon lui, l’abandon d’animaux est un problème de société et les autorités doivent s’y attaquer avec plus de fermeté. «Il y a un manque de volonté de nos instances politiques», juge celui qui dit avoir fait plusieurs demandes de subventions pour être en mesure d’administrer un refuge pour animaux, sans succès.

Un acte criminel
La SPCA déplore l’acte commis par la personne qui a abandonné ces chatons en plein soleil.

«Abandonner un animal en détresse est une offense criminelle punissable par deux ans de prison ou 5000 $ d’amende et six mois de prison», explique Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse à la SPCA de Montréal.

«Avant de vous départir d’un animal, appelez la SPCA. Nous pouvons peut-être vous aider à trouver une solution pour que vous puissiez le garder. Mais n’abandonnez surtout pas un animal de cette façon», demande Mme Kapuscinska.

Par ailleurs, la SPCA croit avoir retrouvé la mère des chatons. Ils pourraient bientôt être réunis. «C’est une priorité, mais avant tout, les chats devront être stérilisés.»

Règlement de l’arrondissement
À Montréal-Nord, la réglementation stipule que «nul ne peut se départir d’un animal domestique autrement qu’en le confiant à un nouveau gardien ou à un refuge.»

En cas d’infraction, les amendes varient de 100 $ à 300 $ pour une personne physique et de 200 $ à 600 $ pour une personne morale. En cas de récidives, les amendes peuvent être augmentées jusqu’à concurrence de 2000 $ pour une personne physique et 4000 $ pour une personne morale.

C’est la SPCA qui s’occupe du contrôle animalier, dans l’arrondissement, depuis plusieurs années.

Michel Lemay, directeur des communications de l’arrondissement, confirme que des discussions ont eu lieu par le passé avec M. Onsow, mais précise que l’arrondissement n’a «jamais eu l’intention de créer un refuge spécifiquement à Montréal-Nord.»

Il ajoute toutefois qu’une réflexion est en cours depuis plusieurs mois, à la ville-centre, pour «évaluer les avantages que la ville se dote d’un système de refuges municipaux, à certains endroits de l’île, sans toutefois déposséder la SPCA de sa mission première», précise M. Lemay.

 

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