Eric Evans/GoDucks.com Le Nord-Montréalais Chris Boucher pourrait bien devenir le prochain québécois à évoluer en NBA.

Alors qu’il participe actuellement au célèbre March Madness avec les Ducks de l’université de l’Oregon, Chris Boucher, 22 ans, pourrait rejoindre la NBA dans quelques mois. L’impressionnant centre, qui a grandi entre Montréal-Nord et Côte-des-Neiges, attise les convoitises.

San Antonio, Orlando, Oklahoma, Boston, Utah: la liste des franchises de NBA qui scrutent attentivement les performances de Chris Boucher ne cesse de s’allonger. Un parcours et un destin improbables pour le natif de l’île Sainte-Lucie, ancien joueur de hockey et de soccer durant son enfance, repéré par hasard sur un terrain de basket de la Petite-Bourgogne en juin 2012.

Surpris de découvrir un tel phénomène de 6’8″, le premier formateur de celui qui dispute en ce moment au March Madness, ce célèbre tournoi universitaire de fin de saison, raconte cette étonnante ascension.

«Il m’avait déjà écrit quelques mois plus tôt, mais je n’avais pas pris au sérieux son message», se rappelle Igor Rwigema qui cherchait à l’époque à ouvrir un centre de formation à Alma, au nord de Québec.

«Pour moi, il s’agissait d’un gamin qui mentait sur sa taille pour attirer l’attention. Je pensais connaître tous les jeunes joueurs talentueux. Mais je m’étais trompé.»

Au bord du terrain, lors de ce début d’été, un «grand gars» de 19 ans l’impressionne. Les prémices d’un avenir doré.

«Il courait partout et n’arrêtait pas de marquer. Finalement, Chris Boucher n’était pas un mythe, il existait, rigole l’actuel responsable de la section basket du cégep de Thetford Mines. Dès la fin de la journée, je suis allé le voir, je lui ai parlé de mon académie. Nous avions déjà beaucoup de grands, mais avec son potentiel, il fallait le prendre.»

Une rapidité étonnante
Rien ne prédestinait pourtant Chris Boucher à la NBA ou même à d’actuelles études de sociologie. Après la séparation de ses parents, l’adolescent navigue entre le domicile de son père, à proximité du boulevard Pie-IX à Montréal-Nord, et celui de sa mère à Côte-des-Neiges.

Scolarisé à l’école secondaire La Voie avant de quitter les études à 17 ans sans terminer son secondaire 5 pour travailler dans un restaurant Saint-Hubert, le jeune Chris traîne de parc en parc jusqu’à cette rencontre décisive avec Igor Rwigema et son départ, un temps mouvementé, pour Alma.

«Pendant les deux, trois premiers mois, ce fut difficile, voire énervant, décrit son ex-entraîneur. Il ne connaissait aucun système ou terme de basket. On partait de loin et il fallait tout lui expliquer. Mais on l’a valorisé, on lui a assuré qu’il pouvait accomplir de grandes choses. Malgré sa taille, il était plus rapide que nos meneurs de jeu et son adresse lui a permis de rapidement performer.»

Avec les Ducks d'Oregon, Chris Boucher réalise la meilleure saison de sa jeune carrière.

Avec les Ducks de l’Oregon, Chris Boucher réalise la meilleure saison de sa jeune carrière.

Du poids à prendre
Une seule année suffira pour attirer l’œil de New Mexico Junior College avant de filer dans le Wyoming, au Northwest College, et de décrocher en 2015 le titre de meilleur joueur du pays dans sa catégorie. Direction ensuite les Ducks de l’Oregon pour une première année universitaire à succès en NCAA.

Avec 12 points, 7,4 rebonds et 3 contres en moyenne, le centre qui mesure aujourd’hui 6’10 » a mené son équipe jusqu’à la première place de la conférence Pac-12 et au March Madness grâce à sa polyvalence.

«Son niveau défensif, son agilité, sa capacité de dissuasion et son adresse à trois points (35% de réussite) en font un joueur quasiment unique», assure l’entraîneur montréalais Pascal Jobin, qui a côtoyé l’intéressé lors de ses débuts, avant d’identifier son principal prochain axe de travail.

«Il doit impérativement prendre du poids. Avec 200 livres, il est trop maigre pour passer au niveau supérieur et si je le retrouve cet été, je lui ferais manger beaucoup de viande, sourit l’ex-responsable du Jazz de Montréal, l’ancienne équipe professionnelle de la ville. Physiquement, il doit progresser. Mais il a tout pour réussir.»

La NBA, elle, en semble déjà persuadée.

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