Collaboration spéciale Une photo du boulevard Gouin, vers 1920.

La chronique «Il était une fois Montréal-Nord» est l’oeuvre de Roger Lagacé, collaborateur citoyen et membre de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord.

Les premiers colons s’établissent sur le boulevard Gouin vers la fin du XVIIe siècle sur un chemin tracé par les pères de la mission du Sault-au-Récollet. Cet axe routier a joué un rôle primordial dans l’histoire du développement de toute la zone nord de Montréal. Aujourd’hui, le boulevard relie les quartiers est et ouest de l’ensemble de l’île.

Au début du 18e siècle, le réseau routier n’occupe qu’une infirme partie du vaste territoire de la Nouvelle-France. Il existe des rangs et des bouts de route dispersés çà et là, mais aucune voie ne relie encore la capitale, Québec, à Montréal.

C’est en 1706 que le Conseil supérieur prend la décision de construire une route qui longe le fleuve, là où se trouvent les habitations.

Grâce à «ses corvées du Roy» le grand voyer Eustache Lanouiller de Boisclair peut entreprendre les travaux en 1731. Au terme du chantier, en 1737, le Chemin du Roy fait 7.4 mètres de largeur et s’étire sur 280 kilomètres, à travers 37 seigneuries. Le chemin du Roy va servir au courrier et aux voyageurs qui utilisent pendant un siècle et demi des calèches, des diligences, des malles-postes et des carrioles d’hiver. Il y aura 29 relais.

Des maisons patrimoniales

Ouvert entre 1734 et 1737, le boulevard Gouin nous offre un témoignage éloquent de l’histoire du Nord-est montréalais. La présence de maisons de diverses époques nous rappelle le Montréal rural, l’univers du régime seigneurial, la naissance et l’existence des villes et villages maintenant disparus, l’urbanisation du nord de l’île, l’écrin de nature qu’était la rivière des Prairies, qui attirait les villégiateurs.

En 1910, le conseil municipal de Montréal désigne cette voie d’après le nom de l’avocat et homme politique Lomer Gouin (1861-1929) qui fut premier ministre du Québec, à partir de 1905.

Montréal-Nord est issu de l’ancien territoire du Sault-au-Récollet. Plusieurs chemins que nous empruntons aujourd’hui sillonnaient ce secteur depuis la Nouvelle-France. Non seulement le boulevard Gouin avec son patrimoine bâti peut nous raconter l’histoire de Montréal-Nord, mais il peut nous dévoiler celle du Québec, de la Nouvelle-France à aujourd’hui!

Le long du boulevard Gouin, on trouve une grande concentration de bâtiments historiques dont la maison Drouin-Xénos (appelée aussi la Maison Andegrave, sise au 5400, boulevard Gouin), érigée entre 1741 et 1742 et classée monument historique, en 1970, la maison de L’Archevêque (au 4065, boulevard Gouin), la maison François Dagenais située au 1947 de ce même boulevard, la maison Cazal, 4765 de ce boulevard, l’école Saint-Charles-du-Bas-du-Sault sise au 5080, boulevard Gouin.

En outre, le boulevard Gouin comprend plusieurs autres maisons campagnardes et de villégiature d’un grand intérêt patrimonial, datant du X1Xe siècle, notamment dans le quartier du Sault-aux-Récollets. C’est dans cet arrondissement que l’on retrouve la plus vieille église encore intacte de l’ile de Montréal, l’église de la Visitation de la Bienheureuse Vierge-Marie.

À partir du boulevard Gouin, on peut observer de beaux paysages autour de la rivière des Prairies, le pont Pie-IX ou encore l’ancien village de Saint-Vincent-de-Paul, qui fait partie de Laval. Autrefois, un traversier reliait l’île de Montréal à Saint-Vincent-de-Paul à cette hauteur et on trouvait une zone de villégiature cossue autour de l’église Sainte-Gertrude.

Force est de remarquer cette section de l’avenue l’Archevêque (entre le boulevard Gouin et la rue Albert-Brosseau) avec son atmosphère de bourg, très particulière dans cette partie de l’arrondissement de Montréal-Nord. On y retrouve des maisons urbaines à un ou deux étages du X1Xe siècle ainsi que des constructions de la première moitié du XXe siècle.

La maison Brignon-dit-Lapierre

L’inauguration et l’ouverture au public en 2012 de la maison Brignon-dit-Lapierre ont fourni l’occasion unique de découvrir la richesse patrimoniale et historique du boulevard Gouin.

Construite vers 1770, alors que le maçon Pierre Guilbault était propriétaire de la terre, la maison témoigne de l’occupation première du territoire montréalais et des activités agricoles qui ont prévalu avant l’urbanisation.
Luc Brignon dit Lapierre acquiert la propriété en 1814, et celle-ci reste entre les mains de la famille pendant presque 100 ans, soit jusqu’en 1912. Elle est transmise de génération en génération par donation.

En 2007, la maison Brignon-dit-Lapierre est citée immeuble patrimonial par la Ville de Montréal, à la suite d’une demande présentée par le président de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord (Roger Lagacé). Sa restauration a été réalisée grâce aux contributions du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal.

Cette maison historique est un nouveau lieu de diffusion culturelle dans Montréal-Nord et un témoin incontournable de l’histoire du secteur. Elle accueille les citoyens pour des visites commentées, des soirées animées par des conteurs et des bonimenteurs, des spectacles variés et des ateliers de création artistique.

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