L'épouse de Marcel Bélanger, Thérèse Bélanger.

La Ville de Mont-Royal soulignera ce dimanche le jour du Souvenir sans son possible dernier vétéran. Le capitaine à la retraite de la marine canadienne Marcel Bélanger s’est éteint en avril, 71 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il a pris part à cette dernière à compter de 1943. Sa mission: escorter de l’Angleterre des convois de soldats canadiens, anglais et américains vers des zones de combats.

«C’était très dangereux parce qu’il y avait des sous-marins allemands un peu partout qui attaquaient les navires des alliés. Il a vu des bateaux couler pas très loin de lui. Il a vu des bateaux exploser», rapporte Thérèse Bélanger, la veuve du vétéran défunt.

Par chance, le navire de son mari n’a jamais été touché. «Il vivait toujours dans la peur que cela arrive, précise toutefois la femme de 90 ans. Mais comme il me disait, si son navire avait coulé, ils étaient préparés».

M. Bélanger a navigué jusqu’à la mer Méditerranée, au Moyen-Orient, en Inde et en Normandie pour le débarquement de 1944 où son navire a toutefois dû rebrousser chemin en raison d’un problème de moteur.

Son engagement pour la libération de la France a été souligné en novembre dernier avec la nomination de chevalier de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de la République française.

Parcours

Né d’un père lieutenant-colonel dans le Royal 22e Régiment, Marcel Bélanger s’est enrôlé dans la marine royale canadienne à l’âge de 17 ans. Quatre ans plus tôt, il rêvait déjà de naviguer sur la mer alors qu’il vivait à Halifax en raison des obligations professionnelles de son père.

«Il regardait les bateaux qui arrivaient et il s’était dit; « quand je vais vieillir, je vais joindre la marine »», se remémore son épouse Thérèse Bélanger, pour qui la première rencontre avec son mari, deux ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a été un véritable coup de foudre dans un bal privé à Québec.

Services correctionnels

Celui qui a travaillé au collège militaire de Saint-Jean-sur-Richelieu dès son ouverture dans les années 1950, a aussi servi comme militaire observateur lors de la Deuxième guerre indo-pakistanaise en 1965.

Même après avoir accroché son uniforme en 1969, le capitaine de frégate a poursuivi son implication dans le monde militaire et de la marine, notamment dans l’Association navale du Canada.

Jusqu’à l’âge de 75 ans, Marcel Bélanger a aussi côtoyé le monde carcéral. Il a travaillé à la rééducation de prisonniers à l’établissement Leclerc à Laval.

Plusieurs s’en sont sortis grâce à lui, indique Thérèse Bélanger. «J’ai tellement de lettres de prisonniers qu’il a aidés, de gens qui l’ont remercié.»

Guerre et paix

Mme Bélanger souhaite qu’on se souvienne de son mari comme un homme sincère et honnête.

«Le service au pays l’a toujours animé. Il a servi son pays en guerre et a servi son pays en paix», a prononcé en hommage au capitaine Bélanger le lieutenant-général Michel Maisonneuve, lors de ses funérailles en avril.

Derrière cet homme droit et imposant, on ressentait tout de même une chaleur humaine, ajoute le lieutenant –général.

Marcel Bélanger est décédé à l’âge de 91 ans, le 21 avril à l’Hôpital du Lakeshore.

Plus d’un million de Canadiens et de Terre-Neuviens ont servi dans les Forces armées du Canada et les forces alliées ou dans la marine marchande pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 47 000 ont donné leur vie.

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