Dans une école datant des années 1930, qui a aussi abrité la première synagogue d’Outremont, le monastère de Saint-Antoine Le Grand a pignon sur la rue Ducharme depuis 1984. Le père Pierre, Libanais d’origine arrivé de Suisse, mène l’abbaye d’une main habile et chaleureuse.

Le monastère, un peu vétuste, est l’un des 83 dans le monde que l’Ordre libanais maronite possède, mais le seul en Amérique du Nord. Les fidèles, qui proviennent surtout du Liban, de la Syrie, d’Égypte, d’Irak et du Moyen-Orient sont de confession chrétienne. Ils ont baptisé l’endroit Dayrna, qui signifie en arabe «mon monastère».

Il n’est pas rare que près 2 500 personnes, dont la moitié ont moins de 25 ans, viennent pour diverses activités ou pour assister à l’une des cinq grandes messes offertes en arabe et araméen, avec projection en français.

«Ce qui m’importe, ce n’est pas comment les gens arrivent au monastère, mais surtout comment ils en ressortent. J’aimerais qu’ils aient le goût de vivre», explique le Père Pierre.

L’homme d’une cinquantaine d’année est assisté par quatre moines, dont le père Marwan. Mi-trentaine, tête rasée, il est vêtu d’un chandail Calvin Klein noir avec un téléphone intelligent en main. L’équipe se définie comme des accompagnateurs spirituels. Alors que père Pierre et père Marwan ont faits vœux de chasteté, certains prêtres de l’église maronite sont mariés et ont même des enfants.

Si certains symboles religieux de l’église maronite et son Dieu sont les mêmes que ceux de l’Église catholique romaine, en revanche leurs services religieux sont plus animés puisqu’ils s’accompagnent d’instruments de musique orientaux et de percussions.

Dans le cœur

Le joyau du monastère est sans aucun doute son Sanctuaire des Saints. La pièce, au cœur de l’imposant bâtiment, peut accueillir une trentaine de personnes.
Sa construction, complétée en 2015, a été entièrement financée par un adepte. Plus de 33 tonnes de pierres calcaires importées du Liban ont été nécessaires.
On y retrouve des voûtes fermées par des portes de verre qui abritent des images des saints Maronite Charbel, Neemtallah, Estephan et Rafqa, ainsi que des reproductions de leurs tombeaux. Même si tout est hermétique, des offrandes sont glissées malgré l’interdiction.

Les quatre étages de l’abbaye comptent aussi des bureaux administratifs, une garderie, de nombreuses salles, une chapelle et une église. Le coffre-fort, qui trône dans le salon principal, est grand ouvert. Il ne contient que des documents d’archives.

Simplicité

La décoration chez l’Ordre libanais maronite n’est pas très élaborée. Le dépouillement est même encouragé. Tous les livres de la bibliothèque ont été donnés pour qu’ils soient entre les mains des fidèles plutôt qu’à amasser de la poussière.
Peu de modifications ont été apportées à l’endroit. On retrouve encore un peu partout des étoiles de David datant de l’époque où les juifs hassidiques occupaient les lieux. Les bancs de l’église ont gardé leur disposition du temps de la synagogue. Seuls l’autel et le mur arrière ont été adaptés au nouveau culte, avec une mosaïque.
Dehors, devant l’église, la croix à deux façades s’emboîtant l’une dans l’autre a récemment été changée. Faite de cèdre canadien, elle est illuminée par des lumières DEL dont les couleurs peuvent être modifiées à distance par une télécommande à partir du bureau du père Pierre. Un autre signe qu’il faut s’adapter aux changements.

La chapelle et le sanctuaire des Saints du monastère Saint-Antoine Le Grand de L’Ordre libanais maronite, est ouverte 7 jours sur 7, de 9h à 21h. Pour informations 514 271-2000 ou dayrna.ca

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