TC Media – Isabelle Bergeron Marjolaine Dion, une infirmière à la retraite, raconte dans un livre les derniers moments de plusieurs enfants au CHU Sainte-Justine.

Marjolaine Dion a pu soigner des centaines d’enfants, mais en a vu plusieurs mourir. Tous restent gravés dans la mémoire de l’ex-infirmière qui a passé 30 années de sa carrière au CHU Sainte-Justine. Elle publie maintenant un livre pour que ces disparus ne tombent pas dans l’oubli.

Dans Marjolaine et la lumière des enfants, la professionnelle de la santé, retraitée depuis 2004, relate l’histoire d’une vingtaine de jeunes patients qu’elle a côtoyés au département d’oncologie.

Au fil des quelque 200 pages, elle témoigne des événements passés avec ces enfants, de leur état d’esprit, leur réflexion, leurs derniers moments de vie et de ce qui l’a marquée chez chacun d’eux. Une manière de leur redonner la parole et montrer qu’ils sont plus qu’une maladie, évoque Mme Dion.

«Pour moi, c’était tellement important de dire que ce n’est pas parce qu’il est de l’autre côté qu’il n’existe plus», soutient la dame de 70 ans.

Elle a choisi les récits selon les photos des patients qu’elle a reçues tout au long de sa carrière. Étalées sur sa table de cuisine, les souvenirs ont refait surface et ont été une source d’inspiration.

«Ce sont des histoires qui ne m’ont jamais vraiment quittée. Je n’étais pas dans le deuil de ces enfants parce que j’avais l’impression qu’ils étaient toujours là», dit-elle.

Au cours de la rédaction, elle a contacté des parents pour avoir leurs commentaires sur le chapitre les concernant. Plusieurs ont été émus de voir qu’elle ne les avait jamais oubliés.

Mme Dion sait à quel point un jeune disparu demeure ancrer dans la mémoire familiale. Enfant, elle a perdu sa petite sœur d’une noyade. «Ma mère a toujours voulu qu’on lui parle de France», se rappelle-t-elle.

Charles Bruneau

Parmi les jeunes mentionnés, il y a Charles Bruneau, décédé en mars 1988 de la leucémie. Son père Pierre, chef d’antenne à TVA, y signe la préface du livre.

«Quand j’ai vu Charles arriver au département, ce fut un coup de cœur, se remémore Mme Dion qui a été présente le jour de son départ. Il y avait quelque chose dans son regard qui m’a touché profondément.»

Dans certains cas, l’infirmière a accompagné de jeunes patients jusqu’à leur dernier souffle. Elle reste sereine face à la mort de ces enfants.

«Ils sont une partie de moi. Ce n’est pas une lourdeur parce que je n’étais pas un témoin, j’étais partie prenante de ce qui se passait. C’est quelque chose de naturel et qui fait partie de la vie», confie l’auteure.

Cancer

Elle-même frappée par un cancer du sein il y a une vingtaine d’années, son expérience de vie lui a permis de comprendre la maladie et répondre aux questionnements des jeunes, parfois révoltés.

«Ça nous rapprochait et la confiance s’installait plus profondément, expose Mme Dion. Ça les rassurait parce qu’il voyait que j’étais bien et que moi aussi j’avais pensé à la mort et j’avais été extrêmement faible. Je leur expliquais comment je m’en étais sortie.»

Dans le livre, elle les appelle ses enfants lumières puisque chacun lui a apporté une partie de réponse sur la vie, la mort et la maladie.

Marjolaine et la lumière des enfants, publié aux éditions La Grenouillère, 208 pages, en librairie.

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