C’est une page d’histoire qui se tourne à Outremont. Après environ 90 ans sur l’avenue Ducharme, l’ancienne cour de voirie ne vibre presque plus au son de la machinerie alors que la quarantaine de cols bleus ont récemment quitté les lieux. D’ici quelques mois, ce site immense tombera sous le pic des démolisseurs.

Les travaux publics (TP) de l’arrondissement occupent maintenant un bâtiment tout neuf sur le site du futur campus de l’Université de Montréal, non loin d’où ils étaient auparavant. Le gros du déménagement s’est fait il y a deux semaines, et ce, en quelques jours. Toutefois, le transfert vers le secteur de l’avenue Atlantic a exigé beaucoup d’organisation.

«La préparation a pris presque un an parce que nous avons fait un inventaire complet de ce qu’il y avait ici. Il fallait déterminer ce qui était désuet et ce qu’on gardait», explique le contremaître, François Candau, en poste au TP depuis 12 ans.

Celui-ci a offert à L’Express d’Outremont une visite guidée du site de l’avenue Ducharme qui est composé d’une ancienne écurie pour les pompiers.

À l’intérieur des différents locaux, il reste un peu de paperasse, des boîtes de carton qui jonchent le sol, de vieux panneaux de signalisation, certains équipements et du mobilier. La Ville de Montréal récupéra certains items tandis que le matériel non repris sera écoulé lors d’un encan.

Tâches disparues

À une certaine époque, la cour de voirie a déjà compté jusqu’à 150 travailleurs. Au fil des ans, la Ville de Montréal a centralisé des services alors que d’autres ont été refilés au privé.

L’endroit conserve encore des traces de corps de métiers autrefois présents dont celui de l’ébéniste qui confectionnait en grande partie le mobilier urbain d’Outremont.

«Toutes les portes qu’il y a ici dans le local de menuiserie, c’est lui qui a fait ça, évoque M. Candau. Quand il a pris sa retraite il y a sept et huit ans, il n’a pas été remplacé.»

À l’atelier électrique, les employés fabriquaient également eux-mêmes les feux de circulation. Depuis quelques années, leur rôle consiste notamment à entretenir les lumières de rues et l’électricité des bâtiments municipaux.

Un magasinier a aussi déjà été en poste, dont la tâche consistait à remettre aux employés les pièces demandées. Après la centralisation de ce service, le magasin est devenu un dépôt.

Plus petit

François Candau ne pensait jamais voir la cour de voirie dans de nouvelles installations. Ce projet est dans les cartons depuis son arrivée en poste à l’arrondissement.

Loin d’être ému de quitter les anciennes écuries, le contremaître se réjouit d’occuper afin un lieu en bon état.

«Juste dans mon bureau, le plafond coulait. Le toit a été réparé, mais on se disait qu’on ne ferait pas de grosses réparations parce qu’on déménage», mentionne-t-il, soulignant que la cafétéria était aussi infestée de vermine.

Si le nouveau site est plus petit que le précédent, il s’avère tout de même plus fonctionnel. M. Candeau expose qu’en logeant maintenant tous dans le même bâtiment, la communication sera facilitée entre les employés.

Selon lui, plusieurs mois seront encore nécessaires avant que la cour de voirie soit pleinement opérationnelle.

La démolition complète des anciennes installations est prévue au début de l’année 2019 et laissera place à un parc.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!