(Archives/TC Media) Deux survivantes de la tragédie de la Polytechnique déplorent la décision d'Ottawa d'abolir le registre des armes à feu.

La décision d’Ottawa, le 27 mars, d’abolir le registre des armes à feu et de détruire toutes ses données québécoises est «déplorable» selon deux survivantes de la tragédie de la tuerie à la Polytechnique, à Outremont.

Nathalie Provost, l’une des survivantes de la Polytechnique, est attristée par la décision de la Cour. «Le fédéral va détruire des renseignements pour lesquels les Québécois ont payés et qui nous appartenaient, souligne-t-elle. Il pourrait très bien ne pas faire cela. Il n’a pas l’obligation de le faire, mais plutôt le pouvoir de le faire».

«Immense perte»
«Le registre permet de relier une arme à son propriétaire et de responsabiliser ce dernier», précise Heidi Rathjen, codirectrice de la Coalition pour le contrôle des armes et survivante du drame de la Polytechnique.

Selon elle, le registre permet de lutter contre la vente illégale d’armes à feu et d’encourager le propriétaire à un entreposage sécuritaire de son arme. «C’est une immense perte et cela laisse un trou dans les données servant au travail des policiers, ajoute Mme Rathjen. Ces données sont utilisées quotidiennement par les policiers, soit près de 700 fois par jour».

Ce sont plus de 1,6 million de carabines et fusils qui sont enregistrés dans la province de Québec.

Investissement louable
Le projet de Québec de lancer son propre registre donne néanmoins de l’espoir à Heidi Rathjen. «Il faut se dire qu’en bout de ligne, on va être gagnant», ajoute-t-elle.
L’ensemble des élus de l’Assemblée nationale est d’accord pour avoir un registre à cet effet.

Il n’en demeure pas moins qu’il faudra partir à zéro pour mettre en branle cette banque de données. L’ensemble des renseignements enregistrés depuis 1995 ne pourront pas être récupérés.

La phase de transition pour ce faire nécessitera du temps et de l’argent. «On est forcé de payer à nouveau pour reconstruire le registre, mais c’est un investissement qui va permettre de sauver des vies, de l’argent et avoir une vie paisible», déclare Mme Rathjen.

Trois mois
La ministre de la Sécurité Publique du Québec, Lise Thériault, a annoncé que les premières démarches du registre pourraient être entamées trois mois après l’adoption d’un projet de loi à l’Assemblée nationale.

Depuis l’abolition des registres des armes à feu dans les autres provinces canadiennes, en 2012, des policiers ont signalé être incapables de retracer les carabines et les fusils trouvés sur des scènes de crimes.

«Alors que d’autres pays s’emploient à renforcer leurs lois et à combattre le trafic des armes, le Canada est le seul pays à faire reculer ses lois en matière de contrôle des armes à feu» a déclaré Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes.

Dans tout ce brouhaha, l’Association canadienne pour les armes à feu (NFA), le lobby pro-armes le plus important du pays, envisage pour sa part tenir son assemblée générale annuelle dans la Ville de Québec en mai prochain.

 

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