(Collaboration spéciale) Le film «Corbo» prend l'affiche dans les cinémas québécois le 17 avril.

Le film «Corbo», basé sur l’histoire vraie d’un jeune militant du Front de libération du Québec (FLQ) à l’origine de l’explosion du Dominion textile à Saint-Henri, dans les années 60, prendra l’affiche le 17 avril dans les cinémas québécois.

Le film, sélectionné dans le Canada’s Top Ten, a été réalisé par le résident outremontais Mathieu Denis. «J’ai été fasciné par l’histoire de Corbo quand mon père me l’a racontée, explique M. Denis. Je me suis demandé si des enjeux actuels pouvaient amener des jeunes à poser des gestes extrêmes ». Selon lui, la société est encore plus apolitique et cynique qu’à l’époque de Jean Corbo.

Sans cautionner ses actes extrémistes, le réalisateur admire la fougue du jeune étudiant du Collège Brébeuf qui avait la conviction de vouloir changer le monde avec ses confrères militants.

«On a perdu cet élan collectif de vouloir changer les choses. On est porté à se résigner au lieu de croire que c’est encore possible.» – Mathieu Denis

Une question d’identité
Jean Corbo se joint au FLQ en partie pour combler son besoin d’appartenance. Le jeune homme a de la difficulté à trouver sa place dans une famille franco-italienne vivant dans un quartier majoritairement anglophone. «Encore aujourd’hui, certains ne se considèrent pas vraiment Canadiens ni  Québécois, croit M. Denis. Le Québec a changé depuis 1966, mais après deux référendums, on n’a pas encore répondu à la question essentielle: Qui sommes-nous? »

«Je me souviens»
Le film Corbo est une fiction basée sur des faits historiques. Le réalisateur a rencontré des membres de la famille et des amis de Jean Corbo, et il s’est aussi penché sur plus de 400 articles de journaux pour consolider sa recherche documentaire.

«Ma visite au Palais de justice n’a pas porté fruit. Les données sténographiques que j’espérai y recueillir sont systématiquement détruites après 30 ans», lance-t-il contrarié. Selon lui, la devise «Je me souviens» perd tout son sens. «De brûler des archives sans se préoccuper de leur valeur historique ne permet pas de se souvenir, explique le réalisateur. C’est comme si on préférerait oublier les histoires du passé, comme celles de Jean Corbo».

Le film sera à l’affiche dans les cinémas québécois le 17 avril. «Corbo» est le deuxième film de Mathieu Denis. Son premier, Code 13, lui a valu le prix de la meilleure réalisation au festival Fantasia.

 

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