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La volonté de l’Université de Montréal de se distinguer sur la scène internationale et de «se plier aux exigences du marché» menace la liberté et l’indépendance académique, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

En décembre, lors de l’annonce d’une vaste consultation publique sur l’avenir de l’UdeM, le recteur Guy Breton a affirmé vouloir s’inspirer de certaines restructurations expérimentées ailleurs dans le monde, notamment la fusion d’établissements en France ou le financement basé sur la performance au Royaume-Uni.

«Ces réformes sont généralement présentées comme de nouveaux standards d’excellence à imiter, explique Éric Martin, chercheur-associé à l’IRIS. L’Université devrait dorénavant, comme les Oxford de ce monde, se comporter comme une entreprise transnationale. Il faudrait donc rechercher l’adéquation formation-emploi, s’arrimer avec l’industrie et chercher à briller dans les classements mondiaux.»

Le chercheur craint notamment qu’en suivant cette logique, le Québec créé un système d’universités à deux vitesses, avec des établissements d’élite qui captent la majeure partie du financement, et des universités de seconde zone, notamment en région.

«On risque aussi la perte d’autonomie et de liberté académique des professeurs. À l’international, les universités se distinguent d’abord par l’importance et le potentiel de leur travail de recherche. Par conséquent, que fait un enseignant qui se dévoue à un sujet moins payant?», ajoute M. Martin.

Liberté avant tout
L’administration de l’Université reste pour l’heure plutôt circonspecte sur les réformes  qu’elle compte engager.

«Nous avons des défis à relever et nous nous interrogerons sur la manière d’y arriver, indique Gérard Boisvenu, vice-recteur à la transformation institutionnelle. Nous pouvons nous améliorer sur plusieurs plans, que ce soit en formation, en recherche, en rayonnement, en fluidité administrative.»

Il soutient que la liberté académique est au cœur de la démarche de l’UdeM. «Les universités ont un rôle plus structurant dans le monde d’aujourd’hui qu’elles n’en avaient il y a 100 ans ou même 30 ans. La liberté académique s’en trouve renforcée, car elle a franchi les frontières des campus pour façonner de larges pans de notre réalité.»

Il s’est engagé solennellement à ce que tout gain qui pourrait être dégagé par les réformes soit investi dans le développement de l’enseignement et de la recherche.

L’Institut du Nouveau Monde, responsable de l’animation des activités de consultation entreprises par l’Université au cours du mois de mars, rédigera un rapport synthèse de tous les points de vue exprimés. Les organismes et regroupements ont jusqu’au 25 avril pour déposer un mémoire.

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