Patrick Deschamps Malgré les améliorations, l’offre de transport en commun à l’arrondissement Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles est toujours aussi difficiles pour les résidents du secteur.
Un trajet qui normalement prend 16 minutes en voiture, peut prendre jusqu’à quatre fois plus de temps pour les usagers du transport en commun de l’arrondissement Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT). Une réalité que les élus, résidents et chefs d’entreprise dénoncent depuis plus de 20 ans et qui selon la mairesse Chantal Rouleau, nuit au développement résidentiel de l’arrondissement.

« Améliorer le transport collectif est une préoccupation constante depuis mon arrivée à la mairie, explique Mme Rouleau. Il y a eu des améliorations au cours des dernières années, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, surtout en ce qui concerne le transport à l’intérieur même de l’arrondissement. »

En effet, ce sont surtout les trajets qui relient les deux quartiers qui semblent être les plus problématiques pour les résidents.

« Lorsque j’ai pris l’autobus pour me rendre du centre Roussin au centre récréatif de Rivière-des-Prairies et que ça nous a pris un peu plus qu’une heure, j’ai été en mesure de le constater par moi-même et c’est complétement aberrant », dit la mairesse.

Elle indique que, depuis plusieurs années, son administration travaille d’arrache-pied pour améliorer la situation et que dans les prochaines semaines, elle rencontrera le président de la Société de transport de Montréal (STM) pour avoir une « franche discussion » sur le sujet.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce de la Pointe-de-l’Île, Bruno O’Kane, estime qu’il y a eu des améliorations avec l’arrivée des lignes express vers les stations de métro, mais reconnaît que les déficiences du système de transport en commun peuvent nuire au développement économique de la région.

« Malgré les améliorations, la situation du transport collectif met un frein à la prospérité économique des quartiers, dit-il. Nous y travaillons depuis longtemps et je pense que nous sommes sur la bonne voie, mais il faut rester vigilants et faire les bons choix. »

Obligé de quitter son quartier

Tomy-Richard Leboeuf McGregor, ancien résident de Pointe-aux-Trembles, a été obligé de quitter l’arrondissement l’été dernier en raison du manque de transport en commun.

« Après avoir reçu ma greffe pulmonaire, je devais faire beaucoup de suivis à l’hôpital et c’était difficile de me déplacer en transport en commun, confie M. McGregor. Ça me prenait environ une heure et demie chaque fois alors j’ai dû déménager dans Hochelaga pour être plus proche. »

Il est également d’accord sur le fait que c’est difficile de se déplacer à l’intérieur de l’arrondissement. « À Pointe-aux-Trembles, les gens n’ont pas le choix d’avoir une voiture pour faire leur épicerie ou même parfois aller aux dépanneurs. »

Pas assez de demande

D’entrée de jeu, la STM a déclaré que le service de transport en commun dans l’est de Montréal avait été amélioré à plusieurs reprises dans les dernières années.

« Nous avons instauré des nouvelles lignes express pour aller au centre-ville et pour se rendre au métro. Nous avons également augmenté les fréquences de certaines lignes d’autobus comme la 187, alors il faut souligner qu’il y a des efforts qui ont été faits pour améliorer l’offre de transport dans l’île de Montréal », explique Michel Tremblay, chef de division planification des réseaux et du service de la STM.

Il admet toutefois que les temps de déplacement sont longs et explique cela par la faible demande pour se déplacer d’un quartier à l’autre.

« La demande est tellement diffuse et faible que ce n’est pas financièrement justifiable d’ajouter des nouvelles lignes directes pour relier ces secteurs. Nous n’avons pas le budget pour faire ce genre de choses », indique M. Tremblay.

Il explique que les zones les mieux desservies sur l’île de Montréal se trouvent là où la densité de la population est plus forte.

« Les points les plus éloignés de la ville sont ceux qui sont les moins denses, donc, nous avons forcément une offre de service différente à celle que nous offrons au centre-ville où il y a beaucoup plus de gens qui utilisent le transport en commun. »

En ce qui concerne les coupes annoncées, M. Tremblay signale que les usagers seront légèrement affectés à partir du mois de juin 2014.

« Ces coupes ne représentent que 3 % de l’offre de service pour l’ensemble de l’île. Malgré les coupes nous avons fait des ajustements et nous avons amélioré ce que nous avions à améliorer donc ça ne fera pas une grande différence pour les usagers réguliers » conclut M. Tremblay.

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