Après s’être penché sur plusieurs cas d’incendies mortels survenus au cours de la dernière décennie à Montréal, le coroner Jacques Ramsay suggère que les propriétaires de logements soient tenus responsables des avertisseurs de fumée de leurs locataires.

Parmi les cas étudiés par M. Ramsay au cours des dernières années se retrouvent les décès de Sylvie Deschênes, 50 ans, dans Hochelaga-Maisonneuve, de Pierre Cyr, 62 ans, dans Rivière-des-Prairies, ainsi que de la jeune Nikeydah Forbes, 4 ans, à Montréal-Nord. Selon le coroner, tous ces décès auraient pu être évités si l’avertisseur de fumée présent dans les différents logements n’avait pas été hors fonction, que ce soit à cause des piles non changées ou enlevées puisque l’avertisseur se déclenchait trop souvent.

Il ajoute que le risque de mort est réduit de moitié avec un appareil en bon état. «C’est le rôle des avertisseurs de fumée de permettre aux occupants de détecter la menace d’incendie dès les premiers instants. […] Mais en l’état actuel, la plupart des avertisseurs de fumée sur le marché doivent faire l’objet d’un entretien semi-annuel ou annuel à défaut de quoi ils pourraient n’être d’aucun secours en cas de feu», d’indiquer Jacques Ramsay dans l’un de ses rapports.

Ce dernier croit que cette problématique pourrait être réglée, du moins en partie, par l’installation, par les locateurs, d’avertisseurs qui ne nécessiteraient pas d’entretien à l’exception d’un renouvellement après dix ans. Il recommande donc à la Ville de Montréal d’obliger les propriétaires à procéder, d’ici 2025, à l’installation d’avertisseurs de fumée «qui soient ou bien raccordés au système électrique ou bien munis d’une pile avec une longue durée de vie», ajoutant que ces avertisseurs devraient être munis d’un bouton coupe-alarme, qu’ils soient fixés sur un support de telle façon qu’ils ne puissent être délogés sans outil spécifique, et qu’ils soient remplacés tous les dix ans.

Le coroner Jacques Ramsay n’en est pas à ses premières recommandations en ce sens, alors qu’en 2008, ses propositions n’avaient selon lui pas été écoutées. «Sur dix années, c’est plus de cent vies qui auraient pu être sauvées à Montréal. C’est énorme!», déplore-t-il, avant de conclure en indiquant qu’il soit d’après lui temps pour la Ville de Montréal de se montrer proactive pour améliorer la situation.

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